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Education spirituelle
L’Institut de recherche du Sahaj
marg a créé une sorte de guide des valeurs pour une éducation dite spirituelle
(Value Based Spiritual Education, VBSE), à destination des éducateurs, des
enseignants et des parents. Et il a rapidement été utilisé dans l'éducation des
enfants et la formation des jeunes.
En savoir plus [Le
VBSE, un endoctrinement spirituel]
Avec l’école du Sahaj marg,
l’Omega school ou LMOIS, Chari a fini par réussir à séparer les enfants de
leurs parents abhyasis. Et aux parents, il fait croire que leurs enfants sont
l’avenir d’un nouveau monde annoncé par Whispers, une élite pour régénérer
l’humanité…
En savoir plus [Omega
school, l’école d’une élite pour régénérer l’humanité]
Appliqué aux adultes, le VBSE s’est
traduit par la multiplication des formations internes au sein des CREST créés
par Chari, tant pour les agents de maintenance et gérants des ashrams que pour
les boursiers des pays du sud ou les cadres de haut rang de la Mission.
Une fois abandonnée la voie de la
psychiatrie spirituelle, la Mission s’est réorientée avec plus de succès vers
le monde de l’entreprise et les instituts de management indiens. Développement
personnel et thérapies du mieux-être en Occident se traduisent en management
éthique et gestion du stress en Inde
En savoir plus [De
la gestion du stress au management éthique]
De la gestion du stress au management éthique
L’intervenant de la SRCM remplace
l’éducation spirituelle par l’éducation managériale. Lapsus ou erreur volontaire ? “Mr. Akshay Nagpal and his team from Shri Ram Chandra Mission delivered
a talk on ‘Value Based Management Education’ to the 1st Year students on 7th
November 2013.” Voilà
ce qu’on pouvait lire sur le website d’un des multiples instituts indiens de
management, le Lal Bahadur Shastri Institute of Management (http://www.lbsim.ac.in/corporate-cell.aspx?mpgid=101&pgid1=102&pgidtrail=104).
Le VBSE remplacé par un VBME, anecdote ou tendance de fond de la Mission ?
Le VBSE (Value Based Spiritual
Education), guide des valeurs pour une éducation dite spirituelle du SMRTI, est
largement utilisé dans l'éducation et la formation des enfants comme pour la
formation interne des cadres du Sahaj marg. Mais la Mission revendique aussi
son utilisation à l’extérieur, notamment dans le monde de l’entreprise. Tout
comme l’Occident développe les formations d’entreprise en développement
personnel ou les thérapies du mieux-être pour les cadres stressés…
En Inde où la méditation est une
institution et une tradition, la SRCM propose directement des formations en
management et développement personnel. Ailleurs, ce sont des adeptes
professionnels qui le font, en évitant soigneusement au contraire de citer la
Mission.
Ainsi, d'après le journal Times
of India du 23 juillet 2000, la SRCM a organisé un séminaire international de
trois jours, appelé "management of life" et rassemblant plus de 10
000 délégués à Calcutta : "[The meditation] is very
helpful for policemen and other government servants as well. While, at Barrackpur, we
started a workshop for policemen (…). The training programme still goes on at
Barrackpur. Elsewhere, CISF [Central Industrial Security Force] and RPF
[Central Reserve Police Force] personnel and bank officers are also undergoing
this training. The mission has been recognised by the Ministry for Human
Resource Development as a teaching institute for yoga (…). Ethical Management
is now being taught at IIM (Calcutta) [Indian Institute of Management] with the
help of the mission."
Depuis, les interventions du
SMRTI se sont considérablement multipliées dans la plupart des institutions et
entreprises indiennes, et même auprès des étudiants, toujours sous couvert de
gestion du stress et de management éthique. Il est vrai que Rajagopalachari
prononçait un discours intitulé "Spirituality in Corporate
Management" dès le 2 février 1990, où il faisait l'apologie du leadership
et du management d'entreprise qu'il a bien connus, pourvu qu'ils soient
éthiques, c'est-à-dire spirituellement inspirés par le Sahaj marg.
En Occident, l'institut a d'abord
privilégié les médias, notamment la presse spécialisée féminine, où il parle
des bienfaits du yoga et de la méditation. Le message est extrêmement simple :
le Sahaj marg est une technique de méditation parfaitement adaptée à la vie de
famille moderne. Des adeptes se sont chargées de collecter des témoignages dans
ce sens. Et depuis, certains n'ont de cesse de faire publier de nouveaux
articles pour le faire savoir.
Quand la cloche rythme les activités, la formation interne s’accélère
"(…) Le
programme prévoyait chaque jour, une méditation et un cleaning en groupe dans
le hall de méditation pour tous les stagiaires respectivement à 5 heures et à
18 heures, outre le satsangh quotidien de 9 heures (…). Entre le cleaning et le
dîner, nous observions une heure de «Golden silence» (silence d'or), véritable
moment de réflexion, d'assimilation et d'intériorisation pour chacun. Les
séances de sport à 6 heures tous les matins, malgré les faibles températures,
le volunteer work (travail volontaire) entre 16 h 30 et 17 h 30 et la séance de
cinéma après la prière universelle de 21 heures, ont constitué pour nous des
moments tout aussi importants (…). L'ensemble de ces activités était rythmé par
une cloche qui indiquait le début ou la fin d'une partie donnée." - Echos d'Afrique du 1er
mars 2008
De retour chez eux, des abhyasis
africains témoignent sur cette formation de 6 semaines (Scholarship Training
Program) qu’ils ont suivi à l'ashram de Manappakam, dont les journées commençaient
à 5 heures du matin pour s'achever vers 22 heures.
Les activités y sont rythmées par
le son de la cloche - offerte par la SRCM France - qui sonne 3 coups à 5 h 30
(lever entre 5 h 00 et 6 h 30) puis méditation individuelle, 2 coups à 6 h 30
(satsangh et tenue du journal individuel), 3 coups à 7 h 30 (petit-déjeuner), 2
coups à 9 h 00 quand Chari est là (satsangh), 3 à 12 h 30 (lunch), 2 à 17 h 00
(satsangh et cleaning individuel) , 3 à 19 h 30 (diner), et 3 à 21 h 30
(extinction des lampes après la prière universelle de 21 h et la tenue du
journal, puis la prière pour la nuit à 21 h 45). Un bel embrigadement, avec des
journées à rallonge et un endoctrinement particulièrement efficace, qui
rappelle des pensionnats d'un autre âge….
Cette formation est dispensée à
des candidats boursiers volontaires, sélectionnés parmi les abhyasis des pays
du sud, nouveaux venus au sein de la Mission. Chari appelle cette école du
Sahaj marg, dirigée par un exilé européen, « [s]es petites Nations
unies ». Son objectif est de former des personnes chargées de développer
la Mission dans des régions du monde où elle est peu présente.
L’Institut de recherche du Sahaj
marg (SMRTI) avait décidé d'investir largement dans la formation des adeptes et
est à l’origine de cette formation. Auparavant, il a développé une vaste gamme
d'outils de formation, suivie d'un processus de certification des programmes de
formation. Il a aussi essayé des formations en ligne sur le web (dès octobre
2001 pour les précepteurs), dont l’idée initiale a été reprise aujourd’hui pour
offrir des séminaires sur le web pour les jeunes (webinar).
Mais le SMRTI ne s’est pas arrêté
en si bon chemin. Les formations ne sont pas offertes aux seuls boursiers des
pays du sud, ce n'est que le début d'un intense effort de formation. Ainsi, un
consultant indien est chargé de former les agents de maintenance et les gérants
des ashrams indiens de la SRCM.
Les cadres du Sahaj marg ne sont
pas en reste : Chari inaugure son premier Center for Research, Education,
Sadhana & Training (CREST) durant l'été 2006. Leur objectif est
d'accueillir des adeptes qui ont plus de cinq années d’ancienneté au sein de la
Mission pour des formations d'un mois. Ici, les horaires sont encore plus
drastiques : lever 4h30, petit-déjeuner 8h… et prière du soir à 21h. Le CREST
de Bangalore est rapidement suivi un autre à Kharagpur, puis Chari déclare que
l’ashram de Berlin est aussi un CREST.
Ensuite, l’effort de formation ne
se relâchera plus. Chari ouvre les CREST aux jeunes (entre 20 et 30 ans) pour
des programmes de six jours, les Indiens peuvent prétendre devenir boursiers du
Scholarship Training Program…
La formation n’a qu’un but,
professionnaliser les petites mains du Sahaj marg pour toujours mieux
développer la Mission. Ainsi, les portes ouvertes organisées pour accueillir de
nouveaux venus sont soumises à un règlement très strict par le SMRTI où seuls
les administrateurs ont le droit de répondre aux questions des visiteurs. En
France, des coachs professionnels proposent leurs services aux adeptes depuis
2006 pour les aider à présenter le Sahaj marg dans diverses situations (séminaires,
portes ouvertes, etc.).
Omega school, l’école d’une élite pour régénérer l’humanité
Très tôt, l’Institut de recherche
du Sahaj marg (SMRTI) s'est intéressé au jeune public. Il a créé une sorte de
guide des valeurs pour une éducation dite spirituelle, au début des années 2000
(Value Based Spiritual Education, VBSE), à destination des éducateurs, des
enseignants et des parents. Mais cela ne suffisait pas à Chari. Umesh Chandra
Saxena, le fils de Babuji, avait déjà créé une école à Shahjahanpur, la Babuji
Memorial Public School…
Qu'à cela ne tienne, Chari
annonce la création de sa propre école le 28 février 2005 et l'inaugure le 22
juin suivant : c’est la Lalaji Memorial Omega School (LMOS), devenue plus
tard internationale (LMOIS), ou plus familièrement Omega School. Elle est
située à Kolapakkam, entre Chennai et Manapakkam, à 5 km du Babuji Memorial
Ashram. Ses bureaux administratifs sont en face de l'ashram, à Garden of Hearts
(http://www.omegaschools.org/).
L’école est alors sous la coupe
de 2 sociétés, distinctes de la Mission et de ses fondations. La Baal Vatika
Educational Society (BVES) est responsable de sa direction, le Baal Vatika
Educational Trust (BVET) de son financement, SRCM et SMSF en sont les administrateurs.
Elles seront rebaptisées plus tard Lalaji Memorial Educational Society et Trust
(LMES et LMET). Pour rassurer ses adeptes sur ces montages sociétaires à
étages, Chari expliquait alors qu'il n'y avait aucun souci à se faire puisqu'il
était le garant de la transparence financière des opérations.
"It is not part of the Mission, but the Mission
is very much part of it. The school will be run by the Baal Vatika Educational
Society. The funding will be done by the Baal Vatika Educational Trust. The major
source of finance, even for the Trust, will be the Sahaj Marg Spirituality
Foundation (…) Of course we need money to realise all these things. We are
already indebted to the Allahabad Bank. Fifty lakhs we have already taken (…).
So, we need generosity of our people. Parents of children should not only give
fees, they should also consent to giving a donation. Receipts will be issued;
there is no black money transaction-no trustees following the money. I am here
to see to that. [chuckles] So you see, to provide adequate resources, I propose
to start a scheme of donations, say, a minimum of three lakhs which will go to
a corpus fund called the Scholarship Fund (…) Those who are willing to give may
bring their cheques-three lakhs, which will be gratefully received. The cheques
must be in the name of Baal Vatika Educational Trust. Remember, the Trust
receives the money, the Society spends the money. [chuckles]" (Discours du 25 février
2005).
Son ambassadrice, directrice
d'une école Montessori à Chennai, entreprend une vaste tournée internationale
pour vendre le projet aux adeptes du Sahaj marg et collecter les fonds
nécessaires, mais elle n'a pas trouvé seule les fonds nécessaires. Cela
explique au moins en partie les incroyables hausses de tarif des séminaires,
les perpétuels appels à donation et tout spécialement la vente du livre « Whispers
from the Brighter World » en 2005. La SMSF aurait ainsi réussi à collecter
près de 2 millions fin 2005, essentiellement aux Etats-Unis et dans sa communauté
d'origine indienne. Sans compter la plus grosse donation alors jamais reçue par
Chari, qui ne manque pas de s'en vanter, d'un peu plus d'un million de dollars
américains.
Lancée grâce à un emprunt d'un
million de dollars à la Banque d'Allahabad par la SRCM et sa fondation, l’école
a ainsi pu accueillir 128 enfants dès la première année, l'objectif de l'année
suivante étant fixé à 800 élèves, entraînant un besoin supplémentaire de trois
millions. Ils ne furent que 573 élèves, mais l'objectif de la troisième année
fut tout de même fixé au millier d'enfants…
L'école se développe ensuite pour
constituer cette vitrine de l'excellence que Chari appelait de tous ses vœux.
Elle noue des liens avec les entreprises, les autorités gouvernementales et des
responsables éducatifs de tous bords. Son programme d'enseignement est bien
évidemment basé sur le VBSE du SMRTI, et développé en collaboration avec le
Gouvernement indien et le NCERT (National Council of Educational Research and
Training).
Dès 2005, elle acquiert la
certification ISO et participe aux Intel Awards, concours d'intégration des
technologies de l'information dans l'enseignement. Pour la rentrée 2007, elle
acquiert le Certificat international de l'enseignement secondaire de
l'Université de Cambridge (IGCSE, International General Certificate of
Secondary Education of Cambridge). Elle s'est ainsi dotée d'un I international
le 27 décembre 2006, devenant la Lalaji Memorial Omega International School
(LMOIS), pour le plus grand bonheur des adeptes aisés, indiens ou non, qui y
placent leurs enfants, car elle accueille tous les enfants des Occidentaux qui
viennent s'installer auprès de Rajagopalachari. En décembre 2008, elle
participe à une vidéoconférence sur le changement climatique et les droits de
l'homme organisée par le Département de l'information des Nations unies. En 2010, Omega school a rejoint le Réseau des « écoles
associées de l’UNESCO » (ASPnet).
Chari passe alors son temps à
convaincre les parents abhyasis d’envoyer leurs enfants à la LMOIS pour qu’ils
bénéficient du meilleur enseignement possible, à l’écart d’un monde chaque jour
plus dépravé. Aux élèves d’Omega school, il dit que leurs parents sont trop
occupés à gagner de l’argent pour s’occuper d’eux et qu’il (l’école) va le
faire à leur place (pour plus de détails, lire [La
Mission s’intéresse à vos enfants]).
Chari a donc réussi à séparer les
enfants de leurs parents. Et aux parents, il fait croire que leurs enfants sont
l’avenir d’un nouveau monde annoncé par Whispers, une élite pour régénérer
l’humanité. Et il y en a pour le croire, comme le montre le commentaire
ci-dessous…
“(…) But don't you dare write about the school. (...)
But now that our children are out in the world, and already making huge impact
every where they go, I just thought you should know about it. It is starting.
You will read about Omega's children in the papers and magazines. There is no
stopping them. How can I say that? Because I have seen the students of Omega,
and then I see the students at the college I teach in. You can see the
remarkable difference. You can see the respect for elders in their eyes when
they talk. You can see the modesty in the way they talk about their
achievements. They are excelling with their academics, they are already
becoming successful entrepreneurs, they are winning people over with their
personality, because they have spent the last few crucial years of their
schooling in an environment that has filtered the world for them and given them
the best. Its 2013 right now. I can safely say that by 2015, there would be a
lot of distinguished alumni from Omega, who would have formed a bright future
for themselves, thanks to their school.
Bookmark this page so that when that day comes,
remember this comment, realise how wrong you were about our school, about VBSE.
Just be alone for a while, look yourself in the mirror and admit to yourself
you were wrong. No
one will know.” (Réaction
anonyme postée sur le blog de 4d-Don le 4 septembre 2013).
Chari le confirme dans un
discours aux anciens élèves : « (…) Dire que je suis
heureux de vous voir tous est un euphémisme. Nous avons commencé l’école Omega
il y a huit ans, je pense et, mises à part les aspirations des autres personnes
impliquées dans le processus de formation d’étudiants de haut niveau, etc., mon
aspiration que je n’avais pas exprimée, était de produire des êtres humains
excellents qui seraient guidés par l’aspiration et non par l’ambition (…) Alors
quand je dis que j’attends beaucoup de notre Omega et de ceux qui en sortent,
vous répondez à la première de ces attentes en étant là. J’espère que vous
comprendrez tous que votre responsabilité est grande (…) Nous sommes là pour
modifier les autres, pas pour être modifiés nous-mêmes. Comme un catalyseur. Un
catalyseur modifie les choses mais il ne change jamais lui-même, il est
toujours là. J’espère que vous serez tous des catalyseurs du futur (…) J’espère
donc que l’école a rempli correctement son devoir envers vous tous et qu’elle
vous a donné un bon enseignement, que le Sahaj Marg polira votre caractère,
votre liberté et vous donnera la force d’être ce que vous êtes (…) » (Un catalyseur pour le
changement - Discours aux anciens élèves de l’école internationale Lalaji
Memorial Omega, le 3 juin 2013 à Chennai, Inde)
A lire aussi :
Le VBSE, un endoctrinement spirituel des enfants
Bon nombre d'adeptes enseignants
du Sahaj marg refusaient d'admettre que les valeurs de la SRCM restent à la
porte de l'enseignement scolaire et ne puissent y entrer. Ainsi dès 2000, l'Institut
de recherche de la Mission (Sahaj Marg Research and Training Institute, SMRTI)
s'est intéressé au jeune et au très jeune public.
Il a d’abord développé des fables
et comptines pour développer la "Culture du Sahaj Marg" auprès de la
petite enfance et mis en place toute une gamme de services pour les jeunes,
ainsi que des programmes pour leurs enseignants. Il a aussi encouragé la
constitution de groupes de méditation dans les universités, américaines
notamment.
Tout cela a amené le SMRTI à
créer une sorte de guide des valeurs pour une éducation dite spirituelle (Value
Based Spiritual Education, VBSE), à destination des éducateurs, des enseignants
et des parents. Et il a rapidement été utilisé dans l'éducation et la formation
des enfants et des jeunes par les adeptes du Sahaj marg (Sahaj marg educational
series).
Il serait aujourd'hui utilisé par
plus d'une centaine d'autres écoles en Inde, selon la SRCM. Et il ne sert pas
seulement dans les écoles, il est aussi utilisé pour le soutien scolaire, dans
les halte-garderie, ou dans les camps de vacances, etc.
Ainsi, Echoes of India de juillet
2008 s'attarde sur les camps d'été pour les enfants et les jeunes, citant pas
moins de huit exemples : "Ashrams around the country
were abuzz with activity during the holiday season". A Bangalore
c'était 40 enfants de 3 à 18 ans, à Jaipur 40 enfants de 3 à 17 ans, à
Hyderabad de 9 à 17 ans ou dans le Kerala 52 enfants dont seulement 12 de
familles d'abhyasis.
Qu'y ont-ils fait ? "The morning
started with reciting of Mission's prayer", "The day commenced with
introductions and was followed by Yoga", "The plays carried the
message, 'Religion divides, Spirituality unites' and 'God is everywhere'. The
children had been preparing for this day since long at the children's centre
every Sunday", ou bien encore un atelier pour teenagers : "the need to manage one's anger, frustration and negative
emotions. Very exciting was the budget exercise where the teenagers were asked
to plan a monthly budget of Rs. 10,000".
Après l’Inde, l’Europe ! En
2009, Ajay Kumar Bhatter (ex-dauphin démissionnaire de Chari) annonçait qu’il
était grand temps de développer l'éducation spirituelle dans toute
l'Europe et chargeaient des coordinateurs VBSE de présenter ces activités aux abhyasis pour les développer dans leurs propres pays.
A défaut de faire méditer les
enfants et les adolescents, ce que Babuji interdisait avant l'âge de 18 ans, la
Shri Ram Chandra Mission s'est arrangée pour contourner cette règle et leur
inculquer sa culture et ses valeurs grâce au VBSE et à sa toute première école.
Sous des dehors très humanistes, le VBSE véhicule la pensée de Rajagopalachari,
souvent peu reluisante. Ainsi, à l'occasion de ses 80 ans en 2007, la SMSF
avait organisé un concours pour les enfants sur le thème "A quoi sert un
gourou ?". Au
lieu d'enseigner des valeurs spirituelles aux enfants, on leur inculque les
fondements du culte de la personnalité.
Les enfants subissent maintenant
un endoctrinement dès leur plus jeune âge. Vous imaginez-vous ce que cela
donnera plus tard ? Les régimes dictatoriaux n'ont pas fait mieux. Ils
fabriquaient des enfants soldats...
Le témoignage de Martin
Publié initialement
sur le blog d’Elodie
1ère
partie : Ma compagne médite (25 août 2009)
Bonjour,
Je ne peux que saluer votre démarche. Ma relation de 10 ans
est en train d'imploser du fait du Sahaj Marg.
Au debut, ma compagne ne méditait pas mais ces parents sont
précepteurs. Il y a 5 ans elle s'est décidée et je n'ai voulu en aucun cas lui
hôter cette liberté. A l'époque nous avions convenu que cela n'interfererai pas
dans notre couple. Ce mouvement se voulant gourmand, les conditions on été
revues à la hausse avec le projet enfant au centre du débat. Même si je
respecte la quete spirituelle de chacun je souhaite préserver mes enfants
d'influence forte mais ma compagne désire pouvoir les amener aux
rassemblements. Hors de mes possibilités.
A quoi sert d'ameer les enfants dans ces regroupements alors
même si ce n'est pour un pré-conditionnement ? Sans bien sur de parler d'OMEGA
School où, à les entendre, tous les enfants ont choisis d'y aller sans aucune
pression des parents.
Je sens le vent tourner et nous sommes maintenant 3 dans
notre foyer avec Chariji. Finalement, cette condition m'a été posée de façon
ferme. Très longtemps déprimé, je crois maintenant voir clair.
Le Sahaj Marg est profondement contre les couples dont l'un
n'est pas actif ni même sympathisant. Au départ, vous êtes accepter car vous
avez un potentiel à devenir abhyasis. Puis le jour où vous êtes sur de ne rien
partager avec ce mouvement, les choses se compliquent.
Je ne reconnais plus les mots de ma compagne. Mais
dorénavant je dois mettre fin à cela car je ne peux fonder une famille en
sachant qu'un jour ma condition d'outsider ne sera plus tolérée.
Mais votre site me donne quelques armes pour essayé de la
convaincre, chose très difficile. Le changement d'heure, le label ONU, le
lancement commercial de whispper vol 2, la présence d'un livre vendus 800 euros
sur le site web sont vrais et impactent les gens. Mais ils se retournent vite
vers le bien être et le profond chagement qu'ils ont subis même si personnellement
je n'ai rien constaté de positif à ce jour. La réponse devient : "oui peut
être qu'il y a queqlues dérives mais c'est normal, cela fait parti de
l'humain!"
Cordialement,
Anonyme car j'ai encore un tout petit peu d'espoir.
Pardonnez moi.
2ème
partie : Même l'Amour n'y peut rien ! (23 février 2011)
Quand l'Amour n'y peut rien
C’est l’histoire de retrouvailles inattendues de deux
amoureux que les évènements de la vie avaient brusquement séparés trente ans
auparavant.
Le coup de foudre est total, imparable, sublime...
Elle m’informe qu’elle fait du yoga.
Intéressé par cette démarche, je m’en réjouis, la félicite
même.
Je me rends compte rapidement que ce « yoga » a pour elle
une importance anormale qui, premiers signes, nous prive de weekends et moments
très attendus pour cause de séminaires et autres rituels…
Nous sommes en 2000 et les informations sur ce soit disant
yoga dont je ne connais pas encore le nom sont inaccessibles.
Cette même année, je lui offre son voyage à Vrads, mais
constate à son retour des changements bizarres de comportement.
Mais l’amour est aveugle, et malgré des moments
d’inquiétude, je supporte patiemment les contraintes de cette pratique.
Elle me proposera ensuite, sans arrière pensée, de lire «
Mon Maître » de chari.
Incapable de venir à bout de ce chef d’œuvre d’immondices,
je découvre, terrifié, les tenants et aboutissants de ce « yoga ».
Je me mets alors en quête d’informations, rares à cette
époque, mais suffisantes pour confirmer que la piste est dangereuse.
Je découvre donc que ma chère amie est bien dans une vraie
secte et j’entreprends de laborieuses recherches.
Les méandres de la srcmTM sont difficilement pénétrables.
C’est un cocktail d’arnaques et de mensonges très bien
assemblé que ne peut appréhender le commun des adeptes attiré dans ses filets.
Les arnaques les plus évidentes ont déjà été dénoncées sur
ce blog, mais résumons les principales.
Arnaque n°1 : la
filiation spirituelle des 3 gourous
Laissons en paix Lalaji, qui, sur des principes inoffensifs,
a tenté de réconcilier deux cultes ennemis : l’hindouisme et le soufisme.
Quant à Babuji, il est établi qu’il n’a rencontré Lalaji que
3 fois et que ce dernier a refusé de le nommer percepteur.
Il faut donc déjà avaler l’idée que Babuji a été investi
dans un rêve par Lalaji, après sa mort…(bon appétit !).
Enfin, la soi-disant passation des pouvoirs de Babuji à
Chari fait l’objet d’une procédure à son encontre devant la Cour Suprême de
Justice en Inde pour des exactions commises contre Babuji et sa descendance.
La filiation officielle n’est manifestement qu’un montage
fallacieux pour tenter d’accréditer le gourou actuel de racines historiques et
valides.
Arnaque n°2 : srcmTM
comme Trade Mark (marque déposée)
Anodin pour les non initiés, il faut savoir que déposer une
marque commerciale a pour but de se protéger et d’obtenir l’exclusivité de la
propriété juridique et commerciale et donc du chiffre d’affaire que ça peut
générer.
Le gourou actuel, ancien homme d’affaire venu à la
spiritualité sur le tard, s’est donc adjugé ce fonds de commerce prometteur et
très juteux. Il est impossible d’entrevoir dans cette initiative, bien
extravagante dans ce domaine, la moindre intention ou connotation spirituelle,
mais bien au contraire, la preuve irréfutable d’un projet de business pur et
dur !
Arnaque n°3 : Les
bienfaits de la méditation
Il existe d’innombrables façons de méditer et elles ont
majoritairement des effets bienfaisants sur les méditant.
Le simple fait de se poser, calmer son mental, se recentrer
dans le moment présent… génère des sensations positives et énergisantes comme
en témoigne la littérature très abondante actuelles sur le sujet, et ce,
quelque soit le mode de méditation pratiquée.
L’arnaque majeure et centrale de la srcmTM est de donner un
sens particulier et très original à ce bien être naturel.
Elle explique à ses adeptes que les bienfaits ressentis de
la méditation, façon srcmTM, ne sont ni plus ni moins que les effets de la
transmission en provenance du gourou, via son percepteur, de la présence divine
dans le cœur de l’adepte.
Le gourou est donc l’émetteur universel d’une énergie
divine, qu’il est bien sûr le seul à générer (™), et qui promet aux adeptes qui
viendront s’abreuver à sa source une élévation spirituelle garantie qui les
mettra à l’abri du cycle des réincarnations douloureuses…
Et le tour est joué… ou presque, encore faut-il appliquer
strictement la méthode.
Arnaque n°4 : La
méthode srcmTM
Mon amie est percepteur depuis 25 ans environ, rapidement
nommée après quelques mois de pratique sans formation particulière,
probablement grâce à sa bonne tête rassurante et à son sourire avenant.
Rappelons les rituels de bases dont la seule énumération en
dit long sur le niveau d’investissement personnel nécessaire :
- 3 sitings d’initiation rapprochés, séance particulière,
pris auprès d’un percepteur
- méditation quotidienne au réveil sur la présence divine
dans le cœur
- cleaning du soir, autre rituel de nettoyage méditatif
- prière à 21 heures précises de vénération du maître
- 2 méditations de groupes par semaine le mercredi soir et
le dimanche matin (satsangs)
- 1 à 2 sittings hebdomadaires avec un percepteur (qui
lui-même doit en donner et en recevoir…)
- des séminaires locaux, régionaux, nationaux ou
internationaux, 3 à 5 fois par an
- un voyage en Inde annuel si vous n’avez pas eu la chance
de croiser le regard du gourou en direct, c’est la règle, lors de ses
pérégrinations qui se font plus rares aujourd’hui.
Tout ceci étant bien entendu présenté comme facile et
totalement compatible avec une vie familiale et professionnelle normale, y
compris quand dans un couple l’un joue et l’autre pas…je vous garantis que,
sauf pour les amateurs de ménages à trois, dans la durée, c’est impossible !
Arnaque n°5 : du Raja
Yoga, en veux-tu… en voilà !
A l’entrée de la salle de méditation de mon amie est scellée
une belle plaque dorée sur laquelle sont gravées les mentions « SRCM – Centre
de Raja Yoga ».
Le Raja Yoga est une évolution supérieure du yoga accessible
aux yogis confirmés après des années, voire des décennies, de pratiques.
A la srcmTM, il suffit de s’asseoir en tailleur pour accéder
en deux temps trois mouvements à ce que des maîtres yogis mettent des vies entières
à approcher.
Mais il y a un hic, le professeur qui vous initiera, en
l’occurrence mon amie, n’a pourtant jamais fait de yoga, dont acte !
Pire, des ouvrages de référence du yoga mettent en garde sur
les dangers d’aborder le raja yoga sans passer par les phases préalables.
Arnaque n°6 : Comment
le piège se referme
Un nouvel adepte éprouvant les bienfaits de la méditation,
rassuré par l’effet de groupe, ne peut se poser, ou poser, des questions sur
les tenants et aboutissants de cette organisation.
La pratique et les rituels l’apprivoiseront insensiblement,
le conditionneront, pour le rendre ensuite totalement perméable aux messages du
maître.
Quelques morceaux choisis sur l’obéissance et la soumission
qui sont à la base du processus d’emprise ( et bizarrement manquant dans les
mots clés de ton blog, Elodie) :
" Tout ce qui est maintenant nécessaire c'est une
obéissance aveugle aux instructions du Maître. Ceci seul, garantira l'heureux
aboutissement de la quête spirituelle, rapidement et sans danger."
" Tout ce dont nous avons besoin maintenant, c'est de
volonté ; la volonté d'agir et d'obéir au Maître dans le moindre détail de son
instruction."
" Pour ceux qui ont eu assez de chance pour parvenir à
cet état élevé, le Maître n'est plus un guide pour la spiritualité seule. Il
est maintenant devenu le Maître de notre vie dans tous les aspects de
l'existence. Il devient le père, la mère, le fils, le professeur, le docteur,
en fait il n'y a pas de rôle qu'Il ne joue pas dans la vie de l'abhyasi. Il a pris
l'abhyasi totalement en charge. Ainsi, nous voyons que seulement notre abandon
à Lui, peut déterminer la condition où il peut nous prendre en charge
complètement ! "
" Quelle devrait être l'attitude idéale de l'abhyasi ?
Selon les propres mots de Master : "il doit être tel un homme mort entre
les mains d'un habilleur funéraire". C'est-à-dire que l'abhyasi doit être
tel un corps mort, exempt de désir personnel, d'opinions personnelles et
complètement dénué de toute résistance. Un tel abhyasi est un matériau idéal
car il n'offre aucune résistance d'aucune sorte, pas plus physique que mentale,
aux pouvoirs spirituels du Maître. "
Et j’en passe et des meilleures !!!
Ici, cher visiteur, de deux choses l’une : soit vous
ressentez un frisson de frayeur et/ou de dégout à la simple lecture des
extraits ci-dessus et, tout va bien, vous pouvez tranquillement reprendre votre
vie normale, soit vous y trouvez du sens et de l’intérêt et vous êtes déjà
contaminé.
Votre esprit critique est altéré et votre liberté individuelle,
votre intégrité, votre identité sont en grand danger !
En admettant ces propos vous refermez vous-même, et sur
vous-même, le piège puisque toute critique de l’organisation, du gourou, du
percepteur, vous est définitivement impossible. Vous serez encouragé et
gratifié d’avoir fait ce travail par vous-même et vous auto-maintiendrez dans
cette emprise par ce simple effort.
La manipulation mentale est habile, l’emprise efficace et
l’asservissement garanti : « tel un homme mort entre les mains d'un habilleur
funéraire !"
Avec le temps l’addiction et l’auto suggestion vous muteront
en véritable zombi et votre entourage assistera impuissant à votre perdition.
La liste des arnaques seraient encore longue à énumérer et
vous pouvez les découvrir sur ce blog, mais revenons à notre histoire.
Durant les cinq premières années, j’ai tout tenté pour
réveiller mon amie, convaincu qu’un facteur externe et intrus ne pouvait
durablement interférer dans notre relation sentimentale et qu’un déclic
finirait bien par se produire.
Le sujet n’était pas tabou mais nos discussions le plus
souvent stériles, parfois même conflictuelles.
Nous vivions pourtant une vraie relation, intime, complice
et très harmonieuse, sauf sur ce plan où aucune communication ne pouvait
s’établir.
Dans les meilleurs moments j’avais parfois le sentiment
qu’elle essayait, qu’elle aurait bien aimé, mais qu’elle n’y arrivait pas, ne
le pouvait pas…
J’ai ensuite abandonné l’idée de la sortir de là, lui
suggérant d’essayer de prendre un peu de recul ; d’alléger sa pratique sans y
renoncer, mais sans aucun résultat.
Nous avons commencé à ne plus en parler, éviter le sujet qui
fâche, et un silence pénible et contraint s’est installé sur ce sujet.
Des ruptures de courtes durées ont commencé à se succéder
lorsque ses obligations de percepteur s’enchainaient à une cadence, pour moi,
insupportable.
Sans la moindre amélioration, je constatais, impuissant,
qu’au contraire, dans le temps, le processus d’addiction s’aggravait.
Une dépendance excessive s’installe conduisant à un
comportement soumis, idolâtre, et à des angoisses de séparation ; c’est très
inquiétant, sinistre, mortifère…
De même que la liberté de chacun finit où commence celle des
autres ; la liberté de croire de chacun finit où commence l’abus de confiance
des autres.
Je me suis beaucoup interrogé, torturé même, sur mon
incapacité à respecter sa liberté de choisir, de croire, et à l’accepter en
fait « telle qu’elle est ».
Elle me rappelait parfois : « je suis ce que je fais » et je
lui répondais avec insistance : «Non, tu n’es heureusement pas ce que tu fais,
tu t’efforces de devenir celle qu’ils veulent que tu sois ».
Mais je n’ai jamais pu douter de son statut de victime
abusée, pas plus que des sentiments, assurément réciproques, qui m’inspiraient
le devoir de l’aider.
C’est comme si constatant qu’un être cher est sous l’emprise
de l’alcool ou d’une drogue dure, vous assistiez à son autodestruction sans
tenter de le secourir !
Mais les dégâts de l’addiction à l’alcool ou à la drogue
sont notoires et les solutions de sevrages disponibles et possibles.
Les dégâts de l’addiction à la srcmTM sont diffus, insidieux,
sournois, méconnus et sans solutions de sevrages.
C’est le trou noir…à chacun de revenir de l’autre côté du
miroir; par ses propres moyens, c’est une gageure, impossible sans une main
tendue, et encore…
« Il n’y a pas
d’humanité sans raison » ; les victimes de la srcmTM sont inéluctablement
amenées à la perdre pour muter vers un état de zombi totalement à la merci de
leur gourou et de son organisation.
Cette mutation est fatale pour un couple; condamnés
désormais à se regarder l’un l’autre, comme des chiens de faïence,
définitivement incapables de regarder ensemble dans une même direction.
La confiance s’étiole, le bonheur d’aimer se transforme en
désespérance et rancœur douloureuse de pas avoir pu trouver de solution.
C’est une situation contre nature où les mots n’ont plus de
sens, la raison et le bon sens plus d’emprise.
La réalité vacille, la vérité se voile et un insupportable
sentiment d’échec ensevelit la belle histoire.
Quand je lui rappelais que « seule la srcmTM pourrait nous
séparer », elle me répondait avec assurance : « si tu me quittais à cause de
ça, je ne comprendrais pas… »
Puisse-t-elle comprendre un jour…
Malgré les sentiments, deux amoureux se séparent dans une
intrigante douleur ; deux êtres malheureux, atterrés et désespérés de constater
que même l’Amour n’y peut rien !
Martin
Les compléments de
Martin :
Merci de votre compassion.
Vous me demandez plus de détails… en voilà donc, dans la
limite de mes possibilités actuelles.
C’est, (ou c’était …) une personne de nature
particulièrement douce, posée, délicate, et attentionnée
Elle est revenue de Vrads nerveuse, agressive et parfois
même vulgaire.
Quelque temps plus tard elle me confiait que le départ de
Vrads lui avait été très difficile : « je ne pouvais pas quitter chari, je
pleurais… »
Je souligne l’omniprésence de la pratique en termes de temps
et d’énergie : l’énergie se développe là où on la met et en demande toujours
plus, c’est un facteur d’accélération de l’addiction qui s’auto génère sans
fin.
Au début il lui arrivait de s’abstenir ponctuellement de
quelques réunions, puis elle en a été de moins en moins capable.
Notre vie était donc marquée par les rituels de la mission ;
il y avait les jours avec et les jours sans et ce n’étaient pas les mêmes.
Entre nous grandissait résolument ce qui nous opposait, ce qui nous séparait.
Les fonctions de précepteur c’est encore plus de temps que
pour un simple adepte, c’est aussi plus d’argent : location de la salle,
bouquins, voyages et séminaires…
Son statut rajoutait au malaise et je lui reprochais aussi
son insouciante responsabilité d’attirer des innocents dans ce piège.
Elle supportait mal ces discussions, elle se sentait
agressée et se caparaçonnait derrière des réponses soit négatives : « tu ne
peux pas savoir…tu ne sais pas de quoi tu parles…il faut pratiquer pour
comprendre… », soit extravagantes sur l’origine de l’homme, l’énergie divine,
la « rienté », les dogmes de la mission, etc.…
J’ai testé les sittings à 2 ou 3 reprises, mais malheureusement
pour elle il ne s’est rien passé.
J’en savais beaucoup plus qu’elle sur cette secte ; bien que
précepteur, elle s’est toujours contentée du seul ressenti et ne s’est jamais
posée la moindre question sur la réalité de cette organisation, ses origines,
ses buts et ses pratiques…Elle achetait les bouquins qu’elle ne lisait même
pas. Ce questionnement la dérangeait ; en fait elle s’interdisait toute remise
en cause, mais je pense surtout qu’elle en était psychologiquement incapable,
victime d’un conditionnement et d’une emprise qu’elle ne pouvait pas
soupçonner.
Cette situation était désagréable pour tous les deux car
notre communication était remarquablement bonne sur tout autre sujet. Quand je
dis « qu’elle essayait » c’est que je percevais par moments des efforts
manifestes pour essayer d’entendre ce que je lui disais. Parfois ce malaise se
voyait même physiquement. Sur son initiative, nous avons rencontré ensemble une
amie à elle qui méditait occasionnellement à la srcmTM, pour une discussion sur
ce thème. Pendant que mes réserves et critiques trouvaient une oreille plutôt
attentive auprès de cette personne, mon amie se défigurait littéralement; j’ai
été très choqué de voir son visage physiquement transformé, méconnaissable,
pendant quelques minutes, expression probable d’une douleur insurmontable.
Nous avons arrêté les débats et elle est repartie sur le
conseil de son amie d’aller consulter un psy…
Les dégâts de cette addiction ne sont pas flagrants vus de
l’extérieur. Mais dans mon cas, l’avoir connue avant qu’elle ne rencontre cette
organisation et après, pendant 10 ans, intimement, m’a permis d’observer les
mutations de ses comportements dans la durée.
Au début peu, puis de plus en plus de changements d’humeur,
de fébrilités, d’attitudes parfois infantiles, d’hypersensibilité.
Apparition des mensonges pour justifier des départs ou
déclaration quelques jours avant des voyages en Inde réservés depuis plusieurs
mois.
Investie d’une « mission » divine, le devoir de service du
gourou, expression d’une obéissance totale et idolâtre, détruit peu à peu tout
ce qu’il y a autour sans discernement.
Je sais bien que l’on ne peut pas changer les gens, à plus
forte raison ceux que l’on aime.
Mais c’est bien parce que je m’opposais aux changements
programmés de la srcmTM que j’essayais de l’aider.
Martin
Analyse anthropologique
Extraits d'un document
de l'anthropologue Sergei Tarkovski, publié le 14 septembre 2004, à retrouver
intégralement sur SRCM Sahaj Marg Decodage.
Une analyse anthropologique et critique du discours de la
SRCM
(...) Il s’agit de montrer à l’adepte que
toute critique dirigée contre les maîtres, les précepteurs et l’organisation ne
peut être qu’issue de l’ego inférieur, et à éliminer. Une manière de s’assurer
que ce sont les disciples eux-mêmes qui accomplissent leur clôture de
l’inconscient, leur assujettissement. Au lieu d’imposer une abrasion du moi aux
élèves (on appelait cela le « lavage de cerveaux » dans les opérations
paramilitaires), le maître suggère que c’est au disciple de faire ce travail.
Les disciples se persuadent eux-mêmes et se maintiennent dans cette emprise,
par leur propre effort. Ils deviennent eux même leur propre maître, mais aussi
leur propre geolier, au nom d’une belle cause. Est-ce le signe d’un contrôle
social habile exercé d'en-haut par les dirigeants ? Il faudrait connaître
l'institution pour le savoir.
Les adeptes sont-ils
pensés comme étant assez naïfs pour que l’organisation puisse essayer de
transformer leur groupe d’Occidentaux conscients, idéalistes et spirituels en
une famille « d'abhyasi » obéissant au doigt et à l’œil à leur « maître ».
Le maître surfe sur le
succès, la croissance, et ne renonce pas à s’accomplir dans le monde :
Premier signe qu’on
pourrait avoir à faire à un « dispositif » : en explorant le Web, j’ai constaté
que le représentant actuel de cette organisation voyage dans le monde entier,
bénéficie d’un accueil et d’une vie internationale, à la rencontre des
disciples, et d’un château qu’ils avaient acheté pour sa « cause ». Mais, dans
ces textes, il encourage, en revanche, ses adeptes à renoncer ! Il a droit au
traitement V.I.P., à une gratification quotidienne de l’ego, à des foules de
disciples emplis de dévotion. Mais il invite ses disciples, pourtant, à
sacrifier leur propre volonté de s’accomplir dans le monde et avec les autres.
Il prêche le
renoncement, et lui-même accumule prestige, succès, comme une « star » de la
spiritualité.
Il n’est pas vraiment
responsable devant ses adeptes : il ne reçoit aucune instruction d’eux, mais il
leur en donne à tous, et surtout à leurs précepteurs, avec un supplément d’autorité
qui laisse songeur...
Déjà, nous sommes,
semble-t-il, en présence d'un dispositif idéologique, asymétrique, où les
instructions bénéficient à celui qui les énonce, non pas tant à ceux qui les
exécutent. Dans cette autorité qui descend, il n’y a donc pas d’égalité, et
donc peut-être pas de fraternité réelle, même si les mots peuvent être
séduisants par ailleurs, comme nous allons le voir maintenant :
Un discours de nature publicitaire :
"Le Sahaj Marg ou
la Voie Naturelle, est une nouvelle méthode d'entraînement spirituel,
spécialement conçue pour répondre aux besoins de la vie d'aujourd'hui. Elle
permet aux personnes qui y aspirent de réaliser l'union avec la source divine
en elles, dans le cadre d'une vie familiale et professionnelle normale. Comme
toutes les véritables voies spirituelles, le Sahaj Marg affirme que le Divin,
la source de toute chose, quelque soit le nom qu'on veuille bien lui donner, ne
peut être trouvé qu'au fond de son propre cour, en passant au delà des limites
de l'ego. Le Sahaj Marg découle de l'essence du raja-yoga : le yoga royal de
l'Inde antique. Ce yoga est qualifié de royal, car il utilise le mental ou
esprit qui est l'instrument royal en nous, car il crée notre bonheur comme
notre malheur, selon l'utilisation que nous en faisons. Dépourvue de tout
rituel et cérémonie, la pratique, très simple est tout entière centrée sur le
coeur de l'aspirant. Par la méditation et la purification du coeur, toutes les
activités mentales de l'aspirant se trouvent progressivement régulées et
réorientées vers sa source divine. Alors s'installe un état de calme et de paix
intérieure, première étape du développement spirituel.La transmission d'énergie
divine (pranahuti) est une révolution dans l'histoire de la spiritualité. Elle
éveille l'âme du pratiquant, transforme tout son être et l'amène à la
divinisation."
Parler seulement de
sacrifice ne serait pas attirant. Cela ne suffirait pas à attirer les adeptes.
Il faut aussi du miel selon l'adage populaire qui veut "qu'on n’attrape
pas les mouches avec du vinaigre"...
Voilà donc une «
nouvelle méthode » de développement personnel !
Il y a tout ce qu’il
faut, c’est un condensé des publicités du « new age », des stages de
développement personnel, mais aussi des produits diététiques ou des compléments
alimentaires : « nouvelle méthode d’entraînement spirituel, spécialement conçue
pour répondre aux besoins de la vie d’aujourd’hui ». On est là dans le discours
publicitaire. Il n’a pas de contenu évoqué, il peut s’appliquer à tout, et
compte par l’effet qu’il produit, agréable, sur le lecteur.
« Par la méditation et la purification du
coeur, toutes les activités mentales de l'aspirant se trouvent progressivement
régulées et réorientées ». Cela pourrait être tiré d’une notice ou d’un
communiqué de presse pour un antidépresseur ! On est donc plus dans le
gloubi-goulba publicitaire où sont conviées les astuces rédactionnelles,
jusqu’à parler de « révolution dans l’histoire de la spiritualité » avec des
superlatifs qui n’engagent personne sur les résultats : « le yoga royal » ou la
« transmission d’énergie »… Notons des termes psy parsemés ici et là, on n’est
pas très loin du monde de la psychiatrie, il y a relation au niveau du
vocabulaire.
Deuxième signe que nous
avons affaire à une démarche « construite » de la part de décideurs : ce
recours à la publicité comme langage. Des chercheurs désintéressés, des
pratiquants sans agenda prosélyte d’une voie de sagesse n’auraient pas le
mauvais goût de nous infliger ce genre de discours convenu.
La sobriété, la
modestie : où sont-elles dans cet étalage ? La vérité, l’économie et la
justesse des mots : où sont-elles ? Il faut que nos contemporains soient
habitués à ce type de langage des plaquettes publicitaires pour qu'on le leur
serve encore ici, comme si cela allait de soi aussi dans le domaine de la
spiritualité.
Et on leur promet : «
un état de calme et de paix intérieure, première étape du développement
spirituel. » Le bien-être, la paix intérieure est une promesse marketing
spirituelle répandue, la plus attractive peut-être, car on sait que nos
contemporains y aspirent. Même les services marketing des marques de yaourts au
bifidus l’utilisent !
Le leur promettre,
n’est pas le leur permettre. Les mots ne sont pas la chose. Il ne suffit pas
d’en parler pour que cela soit vrai, ou possible dans le cadre proposé. C’est
bien là toute la question que posent ces quelques extraits de textes.
On voit un levier
possible :
Utiliser l’aspiration
au mieux-être personnel pour assujettir un nombre important d’individus et les
contrôler, en structurant le message pour que ce soient les victimes
elles-mêmes qui exercent l’emprise et la manipulation de leurs propres schèmes
psychologiques, vocationnels et relationnels au profit du gourou et de son
dispositif hiérarchisé.
Il faudrait disposer
d’éléments de témoignages d’anciens adeptes, pour connaître les effets réels.
Leur contribution serait très utile.
Le discours, son
ingénierie de contrôle mental & social :
La question qui se
pose alors est la suivante, comment se fait-il que certains se laissent prendre
à cette rhétorique ? La ficelle semble évidente. Comment des personnes
instruites et évoluées peuvent-elles adhérer à cette initiative ?
La proposition, telle
qu’elle s’inscrit dans ces brèves citations, semble être la suivante : «
revenez à l’état de l’enfant, redevenez un enfant ». Cette invitation à la
régression vers les années d’innocence, de placidité, de contentement,
d’ouverture, et d’obéissance est bien comprise dans ces mots :
« [Le maître] devient le père, la mère, le
fils, le professeur, le docteur… »
La personne est donc
invitée à se débarrasser de sa personnalité d’adulte, si contradictoire et
encombrante, et de retrouver le paradis d’un jeune âge où il n’aura plus qu’à
adorer son papa et sa maman incarnés dans un seul être : le maître, auquel il
se pliera, aussi docile qu’un enfant lors de la consultation chez le docteur,
aussi obéissant que face à son professeur...
Nul doute que ce
retour vers les stades antérieurs de la vie séduit les pratiquants de la
psychanalyse et puissent exercer dans les milieux de la psychiatrie qui en sont
familiers une certaine séduction.
Les citations
proposées invitent à oublier les soucis, les frustrations d’homme ou de femme
adulte, et par un raccourci, une régression provoquée par la dévotion au
maître, de retrouver fraîcheur et insouciance du petit garçon ou de la petite
fille en soi. On oublie dans ces passages de dire qu’en même temps l’adepte
risque d'abandonner son projet de vie au bénéfice des projets du maître, voire
de l'une de ses organisations.
L’enfant ignore les
choses de la vie, alors justement, dans l’emprise du maître :
« La connaissance n’est plus nécessaire […]
Nous abandonnons la connaissance […] le temps est venu pour elle de quitter la
scène. »
Et ce faisant,
l’adepte abandonne son esprit critique qui pourrait lui permettre de sortir de
ce dispositif, de "méta-communiquer" quant à sa nouvelle place fixée
par un système mental hiérarchisé !
Alors pourquoi mettre
en avant avec une telle insistance l’idée que l’adepte doit devenir un mort
vivant ?
C’est une technique
assez classique (framing) de persuasion que d’intervertir le but et
l’expérience actuelle. On la retrouve aussi dans d’autres champs de l’activité.
Dans certaines thérapies comportementales où dans la psychothérapie paradoxale
cette technique est familière (le « recadrage »). On y suggère l’anticipation
sur les expériences à venir inévitables du patient et leur requalification.
Une analogie servira à
ce point notre propos. Les personnes qui guident des relaxations guidées en
groupe savent qu’il faut inclure dans les instructions données oralement des
éléments que chaque personne peut vérifier afin de se détendre. Par exemple si
une porte s’ouvre dans la salle et qu’une personne va entrer à l’improviste,
risquant de déranger le groupe, le praticien qui guide le groupe des personnes
allongées sur des nattes va annoncer : « les bruits se font plus perceptibles,
plus forts, et nous prenons conscience des allées et venues, des bruits de
porte et de pas dans la salle, nos sens s’éveillent tandis que nous nous
relaxons de plus en plus »
Le fait de dire ainsi
ce qui se passe, confirme, et le fait d’annoncer ce qui va se passer (et qui
est connu de celui qui énonce) rassure chacun.
Mais revenons à notre
sujet.
Devenir un mort vivant
est donc sans doute, non pas un objectif à long terme pour l’adepte, mais une
réalité qu’il ressent sans doute assez tôt...
Cette expérience
d’être ainsi exposé à une pratique prédatrice de son énergie et de l’intégrité
de sa sensibilité éloignerait tout disciple, normalement, de ce sacrifice
envers le maître. Mais le fait de présenter ces désagréments comme un idéal, un
but lointain et remarquable à atteindre est d'une grande habileté.
Ce faisant, le
disciple est rassuré : oui, il se sent de plus en plus diminué spirituellement
; oui, sa force de caractère s’étiole ! Mais c’est bien le signe que la voie du
maître fonctionne ! Le maître l’avait annoncé : c’est le grand projet de cet
apprentissage : devenir comme un cadavre dans les mains d’un habilleur
funéraire. Le disciple se dit qu’il est arrivé au terme de la voie, et même
plus vite que prévu !
Ce système rhétorique
ferait ainsi accepter une atteinte au psychisme ou à l’intégrité spirituelle de
la personne, en le lui présentant non comme un inconvénient, une souffrance, un
échec, mais au contraire comme le but de sa démarche ! Et évidemment ça marche,
les faits corroborent leur annonce ! Si l’adepte s’appauvrit rapidement au
niveau psychologique, il se persuade que la méthode est formidable, puisqu’elle
fonctionne à merveille : le voilà arrivé déjà au but de la voie : en peu de
temps il est devenu un mort-vivant, sans se considérer pour autant comme un
pauvre adepte au psychisme lessivé et aux ressources subtiles prélevées.
Les mots cités des
extraits parlent d’eux-mêmes. Espérons que les personnes seront raisonnables et
feront fonctionner leur esprit d’adulte.
Une hypothèse enfin,
même si elle n’est pas apparente dans le bref texte qui nous a été soumis. Il
n’est pas impossible que nous ressentions en Occident le besoin de renouer avec
cet esprit d’enfance, auquel nous sommes attachés par notre histoire
personnelle, nos souvenirs. Il semble que, selon ces extraits choisis, le
système de manipulation utilise ce besoin, au profit surtout du maître et de
ses propres projets, ainsi que de ceux de son organisation.
Communauté en Inde
L’Orient vit encore un
peu dans l’état indifférencié de cette enfance, même dans l’âge adulte. Il
restait jusqu’à ces dernières années en Asie un peu de cet espace psychologique
indifférencié, de cette communication « bon enfant » subconsciente entre les
êtres, de cette connexion (connectedness) entre les personnes et entre les
hommes et la nature.
En Asie, l’âge adulte
prolonge l’expérience de l’enfant, sans être totalement coupé de lui, ni de son
imaginaire. La faculté de sourire, par exemple, celle de se réjouir sont
évidentes lorsqu’on parcourt l’Asie, et pas seulement chez les plus jeunes.
Les enquêtes
sociologiques de Hofstede le montrent : les peuples d’Asie sont plus
communautaires (collectivism factor), les peuples des pays industrialisés
d’Occident, plus individualisés (individualism factor). Pour cette raison un
groupe de raja yoga ou une communauté dans un ashram ne sont pas synonymes en
Inde, ou en d’autres pays traditionnels d’Asie, de prédateurs de l’intégrité de
la personne ni de sectes sinistres. Les personnes étant plus naturellement
ouvertes, plus en contact avec leur propre vie subconsciente, plus interdépendantes
avec les autres, et plus en contact avec leurs sentiments intuitifs, elles
peuvent assumer ce type de parcours sans connaître de prédation psychologique,
dans le meilleur des cas, c'est-à-dire à la condition de rencontrer les
personnes de valeur et d’expérience dans ce domaine.
Il est souligné
souvent et à juste titre que l’Occident, industriel et confortable, a connu une
individualisation, et a favorisé une structure de la psyché plus centrée sur le
« moi », et moins sur le « nous ». La philosophie, la technique, mais aussi
l’agnosticisme et l’athéisme sont sans doute des fruits de cette éducation où
nous devons renoncer à certains liens subtils et subconscients que nous
établissons sans doute pendant l’enfance avec notre environnement et avec les
autres.
En Occident, la
thérapie de choc d’une régression vers l’enfance spirituelle, la rencontre d’un
gourou habile et ambitieux sont ainsi d’une innocuité discutable pour des êtres
qui normalement sont organisés autour du « je » plutôt que du « nous ».
Il ne serait pas
surprenant que cette idéologie d’une « voie naturelle » tente de réveiller, en
Occident, de mobiliser et d’utiliser ce sentiment de sincérité, de pureté,
d’engagement et d’affection inconditionnelle, cet part d’enfance en nous, qui
est sans doute plus disponible qu’il est généralement admis, même si c’est à
l’état en quelque sorte d’atavisme spirituel.
En permettant aux
disciples de faire l’expérience de l’enfant en soi, de ce cœur communicatif,
spontané et chaleureux, de cette sympathie sans arrière pensée, les cadres de
cette organisations sont sans doute instruits dans l’art et la manière de se
saisir de ce qui se réveille ainsi (cette ouverture, cet enthousiasme, cet
amour, cette foi, ce désir de bien faire) et utilisent ce potentiel du disciple
aux fins de la croissance illimitée de leur structure internationale.
Les disciples seraient
alors prêts à défendre bec et ongles ce système et ses représentants qui les
exploitent, mais qui les « aiment », c'est-à-dire qui leur manifestent un peu
d’attention et répondent à certains de leurs besoins intérieurs de nature spirituelle.
Ce système est devenu un peu eux-mêmes, ils le nourrissent et lui ont donné le
meilleur d’eux-mêmes. Quant à ceux qui bénéficient de quelques avantages,
prérogatives, ou honneurs grâce à cette organisation, ils sauraient faire avec
les contradictions qu’ils découvrent de plus en plus au fur et à mesure qu’ils
s’élèvent dans la hiérarchie. Ce ne sont ici que des hypothèses, et des
recherches de terrain seraient nécessaires pour les examiner à la lumière des
faits.
Ne prenons pas de
boucs- émissaires :
Le problème est donc
sans doute dans notre civilisation : une éducation somme toute sommaire de
l'affect, une culture urbaine, matérialiste et compétitive qui s'avère souvent
frustrante. Tout ce qui entretient une solitude, un isolement et une possible clôture
spirituelle attire probablement de nouveaux disciples, et de nouvelles
"vocations" vers cette école de la voie naturelle.
Prenons le cas de
soignants, de personnels hospitaliers ou des infirmiers qui travaillent en
milieu psychiatrique. Ils doivent se trouver fort démunis face à la misère
invisible ou visible qu’ils perçoivent quotidiennement. Qu’ils se tournent en
nombre non négligeable vers cette nouvelle « organisation » aux U.S.A., au
Canada ou en Europe n’est pas surprenant. Ils y reçoivent une attention et une
écoute. Serait-ce le signe que dans leur propre milieu, en particulier
professionnel, l’écoute et l’ouverture feraient défaut ? Nous ne répondrons
pas, car nous ne connaissons pas ces questions, sans doute contradictoires. Et
nous laisserons aux experts de ces milieux socioprofessionnels le soin de se
prononcer.
Il se pourrait bien
que des messages « spirituels » comme celui que nous venons de commenter sous
forme d’extraits, soient ici un symptôme en creux de notre histoire collective
et d’une vision de l’humain elle-même réduite.
Que les adeptes de ce
mouvement issus du monde des professions de la psychiatrie soient en réaction
avec la culture de l’internement et les pratiques parfois presque « médiévales
» (notez les guillemets et le mot « presque ») est une invitation à
s’interroger non pas tant sur ces soignants, que sur l’institution officielle
et ses méthodes qui ne semblent plus les satisfaire.
Il ne faudrait donc
pas chercher chez ces expérienceurs de nouveaux boucs émissaires, ni engager de
chasse aux sorcières, et occulter ainsi confortablement une responsabilité dans
les systèmes établis et en crise profonde de l'enseignement, de la médecine, de
la psychiatrie, des soins et de la recherche... Il est inutile de victimiser
une troisième fois des personnes, parfois généreuses et engagées, qui lasses
d’un monde institutionnel parfois désespérant de bureaucratie,
instrumentalisées par une organisation « spirituelle », ne savent pas comment
sortir d'une double contrainte (double bind) à laquelle ils ne voient pas
d’issue.
Extraits de Sergei
Tarkovski, publié le 14 septembre 2004, à retrouver intégralement sur SRCMSahaj Marg Decodage.
La famille désintégrée
"Le Sahaj Marg (…) permet aux personnes qui y aspirent de réaliser l’union avec la source divine en elles, dans le cadre d’une vie familiale et professionnelle normale." Tel est le message répété à l'infini par la SRCM. Mais les faits ne sont pas en accord avec cette affirmation…
En effet de l'autre côté, il y a toute la rhétorique quotidienne de Chari : "The guru is the only friend you will ever have. I repeat - he is the only friend you will ever have..." (The Heart of the Lion, 1993), ou bien encore : " (…) the Master is no longer a guide for spirituality alone. He has now become the Master of one's life in all it's aspects of existence. He becomes the father, the mother, the son, the teacher, the doctor, in fact, there is no role that He does not play in the abhyasi's life. He has taken total charge of the abhyasi. So we see that only our surrendering to Him can bring about a state where He can take total charge of us!" (Salient Features of Sahaj Marg, Serie 2, page 26).
Ou bien encore à propos des femmes, dans un discours à Mysore le 16/02/04, traduit en français dans le bulletin du GEMPPI n°65 : "Si un homme n'est pas capable d'amener sa propre femme à pratiquer le Sahaj Marg, qui sera capable de le faire ? Je sais que les épouses sont très difficiles à mener, mais c 'est la nature féminine qui veut ça, et nous sommes ici justement pour changer la nature en commençant par notre propre famille."
Chari le gourou prend la place du père et de la mère… Ses adeptes, souvent psychologiquement fragiles, sont en quête d’un père de substitution.
En savoir plus - [Abhyasis : adeptes ou disciples ?]
Chari organise et célèbre les mariages au sein de la Mission, en créant les couples les plus improbables : il mixe les origines sociales et les nationalités. Et ceux qu’il marie se félicitent d’avoir été au cœur de ses attentions. Il a choisi pour eux, à leur place…
En savoir plus [Les mariages arrangés du Sahaj marg]
Dans le couple des adeptes, il y a un homme, il y a une femme, mais il y a surtout Chari. Le couple doit accepter de fonctionner dans l’idée d’un ménage à trois où le gourou est omniprésent et omnipotent. Avec cette image, on comprend mieux que les familles où un seul membre du couple médite ne résistent pas longtemps et finissent toutes par éclater.
En savoir plus [Le couple, un ménage à trois]
Après avoir longtemps considéré les enfants comme un facteur déstabilisant son emprise sur leurs parents, Chari a décidé que dans le monde moderne on ne s’occupe pas correctement de l’éducation de nos enfants. Il a réussi le tour de force de convaincre les abhyasis de lui confier leurs enfants.
En savoir plus [La mission s’intéresse à vos enfants]
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