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SMRTI, un Institut de recherche devenu laboratoire d'idées
Tout commence avec l'institut de
recherche fondé par le Docteur KC Varadachari. Ce célèbre professeur indien de
philosophie, titulaire de la Chaire du centenaire de Sri Vivekananda en
Religion comparée, Ethique et Philosophie à l'Université de Madras dirige le
Sahaj Marg Research Institute (SMRI) de 1965 jusqu'à sa mort en 71. Avec cet
institut, il apporte une certaine renommée au Sahaj marg, notamment dans le sud
de l'Inde où il est encore peu présent, et lui fournit une forte crédibilité
grâce à sa renommée personnelle, même si Babuji et lui tendent à le réduire à
un simple raffinement du raja-yoga hindou.
A sa mort, le SMRI tombe petit à
petit dans l'oubli mais en 1989, l'institut renaît de ses cendres sous la
direction du fils du Docteur Varadachari, KC Narayana. Mais celui-ci se fâche
avec Rajagopalachari et démissionne en 1991 pour fonder une organisation
dissidente de la SRCM. Et l’institut replonge à nouveau dans l'ombre.
Alors qu’une adepte indienne en
reprend la direction en Inde en 1997, différentes personnalités au sein du
Sahaj marg créent à leur tour des variantes locales plus ou moins autonomes de
cet institut. En Suisse, le psychiatre Ferdinand Wulliemier et sa femme lancent
la branche ouest européenne du SMRI qui deviendra la Fondation Sahaj Marg
Spiritualité dès 1994. Une américaine, figure du développement personnel, prend
la direction d'un Sahaj Marg Research & Education Institute (SMREI) aux
Etats-Unis. Et la directrice indienne rebaptise son institut Sahaj Marg
Research & Training Institute (SMRTI).
Institut de recherche,
d'éducation ou de formation et d'entraînement selon les lieux et la sensibilité
des personnalités qui l'animent, le SMRI prend une forme des plus nébuleuses au
cours des années 90. A tel point que Santosh Khanjee, grand organisateur de la Mission,
y remet bon ordre dès janvier 2000. Il vient juste de créer la Sahaj Marg
Spirituality Foundation Inc.(SMSF), fondation déclarée à Austin au Texas en
1999. Il s'impose donc secrétaire de l'institut, le rattache légalement à cette
nouvelle fondation, et le rebaptise officiellement SMRTI (Sahaj Marg Research
& Training Institute).
Plutôt qu'une école de
philosophie, le nouveau SMRTI devient alors un réseau mondialisé. Les
personnalités sont remises dans le rang, siégeant toutes comme 'faculty
members' de ce nouvel institut, à condition d'avoir fait de longues études en
langues, en histoire, philosophie, psychologie ou bien encore en éducation.
Sous la houlette de Santosh Khanjee, leur foisonnement d'initiatives est
encadré et financé par sa fondation pour que le SMRTI devienne le think tank du
Sahaj marg. A la seule condition qu'émergent de cette boîte à idées des
résultats exploitables et valorisables.
L'enjeu, c'est de créer des
outils facilement appropriables par les adeptes dans leur vie quotidienne
familiale, sociale et professionnelle, en vue de répandre insidieusement
l'idéologie du Sahaj marg au sein de la société. Ces outils doivent donc être
scientifiquement et moralement irréprochables et devenir les nouveaux vecteurs
de communication qui permettent la reconnaissance internationale de la Shri Ram
Chandra Mission et sa diffusion partout dans le monde.
Les domaines de compétences, les
champs d'activités et les canaux de communication sont nombreux et variés. Psychiatrie
spirituelle, éducation spirituelle, écoles et formation d’adultes, management
éthique, gestion du stress…
Témoignages de la dépression au suicide
Témoignages d'anciennes recrues
« Ces deux femmes et cet homme se sont connus à Shri Ram Chandra Mission, à Montpellier. A eux trois, ils ont passé 25 ans dans cette secte hindouïste » Pour Elodie, l'expérience fut catastrophique : « Après deux ans, j'étais dans un état suicidaire, on m'a répondu que c'était normal. L'objectif était, en effet, de devenir un mort-vivant.»
En savoir plus [Témoignages d’anciennes recrues]
Le suicide d’Eugenyi
Eugenyi, un abhyasi de Minsk (Belarus) s’est suicidé. Il s'adonnait de manière excessive et passionnée à la pratique de la méditation. Environ 4 ans avant son suicide, il avait commencé à perdre pied avec la réalité. Le phénomène s'était amplifié pour se manifester par des hallucinations. Lorsque son état psychiatrique a été avéré, il a été rejeté par la communauté d'abhyasis qu'il avait côtoyée pendant 15 ans (soit un peu moins de la moitié de sa vie). Cela l'a plongé dans une profonde dépression aboutissant à cet acte d'autodestruction, qui n'était pas un appel à l'aide (tentative de suicide ratée) mais la manifestation de son désarroi absolu (saut de son appartement situé au 10è étage).
En savoir plus [Le suicide d’Eugenyi]
Rajan et Sameer
Les abhyasis disent souvent que c'est parce que nous avons une approche occidentale des choses que nous ne comprenons rien au Sahaj marg. Mais les Indiens aussi peuvent avoir à se plaindre des dégâts de la méditation sur leur santé mentale : Rajan souffre d’hallucinations après avoir été introduit par un précepteur et médité dès l’âge de 16 ans. Sameer Sachdeva, un Indien de New Delhi, se dit victime d'hypnose : « Quand je regarde en arrière, je pense que je suis devenu émotionnellement de plus en plus faible. J'ai sombré par moments dans une profonde dépression et à d'autres dans la folie obsessionnelle [mania]. J'ai commencé à avoir des hallucinations (…) »
En savoir plus [Témoignages de Rajan et Sameer]
Une dangereuse illuminée à l'origine de Whispers
En janvier 2009, au Royaume-Uni, une jeune femme de 26 ans d’origine indienne rencontre un abhyasi avec qui elle va se mettre en ménage. En décembre, ils partent tous deux à Manapakkam où son fiancé médite avec la medium de Chari. Elle le nomme précepteur et les marie tous les deux. Deux jours plus tard, elle les somme de mettre un terme à leur relation conjugale et de rentrer en Angleterre. Rose rentre chez elle totalement détruite…
En savoir plus [Une dangereuse illuminée à l'origine de Whispers]
Témoignages d'anciennes recrues
« Ces deux femmes et cet homme se sont connus à Shri Ram Chandra Mission, à Montpellier. A eux trois, ils ont passé 25 ans dans cette secte hindouïste » relate Sarah Finger, dans la Gazette de Montpellier (N°522-Avril 98).
Aline, acupunctrice, est rentrée en 1987 : « Déstabilisée par un divorce, j'ai rejoint leur groupe de méditation. J'ai commencé à travailler régulièrement pour eux. Ils me culpabilisaient, ont essayé de me séparer de mon nouveau compagnon. Un jour, ils ont condamné les psychothérapies autres que celles qu'ils prônaient. Là, j'ai réagi, étant moi-même thérapeute. »
Elodie n'est pas rentrée dans la secte par le même biais : « Je souhaitais apprendre une technique particulière de respiration, et je me suis inscrite à un stage que proposait un psychothérapeute. J'ignorais qu'il appartenait à cette secte. Ce stage était épuisant. Lors des séances de respiration, nous inspirions et expirions très fort durant plus de 4 heures, sur une musique assourdissante. Le but de cette hyperventilation était de "sortir de soi", de parvenir à un "état de conscience modifié". Nous étions en transe, prêts à tout gober ; nous dormions très peu. Certains ont perdu trois kilos en un week-end. Nous avions signé un chèque de caution de 1 400 F qui était débité si nous partions sans nous justifier devant le groupe… »
Le psychothérapeute allait bientôt pousser Elodie dans la Shri Ram Chandra Mission grâce à une savante manipulation : « Il m'a dit que si je voulais devenir psychothérapeute, il était indispensable de suivre parallèlement une voie spirituelle. Cette voie était bien sûr celle de la mission.»
Les psychothérapeutes membres de Shri Ram Chandra ramenaient les clients de leur cabinet libéral dans la secte, confirme Jean : « Ces psychothérapeutes avaient du pouvoir au sein de la Mission, car ils étaient censés posséder une double compétence, dans le domaine des soins et de la spiritualité.»
Pour Elodie, l'expérience fut catastrophique : « Après deux ans, j'étais dans un état suicidaire, on m'a répondu que c'était normal. L'objectif était, en effet, de devenir un mort-vivant.»
Extraits d'un article de Sarah Finger, dans la Gazette de Montpellier (N°522-Avril 1998).
De la psychiatrie à la dépression, la folie et le suicide
En 1997, Chari est une centaine d’abhyasis participent à un séminaire de l'Association internationale de psychiatrie spirituelle intitulé "Love and Religion - The transcending healing power of love". Trois des intervenants sont des précepteurs du Sahaj marg et c’est Chari lui-même qui conclue le séminaire.
En savoir plus [Le Sahaj marg sur la voie de la psychiatrie spirituelle]
Le manuel de formation des précepteurs dit que la transmission peut aggraver les problèmes mentaux et entraîner des tendances suicidaires. De son côté, Chari s’inquiète régulièrement de voir les précepteurs recruter en nombre des gens qui ont suivi des psychothérapie, sont dépressifs ou ont même des problèmes mentaux. Selon Whispers, les précepteurs psychothérapeutes mélangent abhyasis et clientèles, utilisant les uns pour alimenter les autres et vice-versa.
En savoir plus [Le Sahaj marg rend-il dépressif ?]
Un psychiatre, éminent précepteur du Sahaj marg, considère que la dépression constitue une formidable opportunité d’évolution spirituelle. Le Sahaj marg aide-t-il à guérir de la dépression ou bien rend-il dépressif ? Apparemment, c’est un peu les deux…
En savoir plus [Guérir de la dépression par le Sahaj marg ?]
Le même psychiatre résume ainsi les principales caractéristiques des abhyasis : près de trois quarts de femmes, avec un maximum entre 35 et 50 ans, une surreprésentation de soignants, enseignants et artistes. Beaucoup sont en crise du milieu de vie, des personnalités peu structurées (borderline), ayant déjà suivi des psychothérapies.
En savoir plus - [Le profil psychologique des abhyasis]
Psychologiquement fragiles, les abhyasis trouvent un équilibre précaire dans le Sahaj marg, où Chari leur sert de béquille psychologique et de père de substitution. Véritables groupies fans d’une star, l’idolâtrie et le fanatisme dont ils font preuve n’est pas sans répercussions sur le comportement de leur gourou.
En savoir plus [Des orphelins en quête d’un père de substitution]
Enchantés par leur semblant d’équilibre retrouvé, les abhyasis entendent à leur tour en faire profiter les autres. Autant adeptes du New-age que du Sahaj marg, ils se transforment alors en thérapeutes, explorant toutes les techniques alternatives utilisées dans le développement personnel et le bien-être.
En savoir plus [Quand les malades prétendent soigner les autres]
Témoignages et expériences de dépression, d’hallucinations ou d’états suicidaires, … telles sont quelques-unes des caractéristiques liées à la méditation selon le Sahaj marg, observées et racontées par d’anciens adeptes.
En savoir plus [De la dépression, à la folie et au suicide]
DEPRESSION - [De la psychiatrie à la dépression, la folie et le suicide] - [Des orphelins en quête d’un père de substitution] - [Quand les malades prétendent soigner les autres] - [Evolution involutive ou régression infantilisante ?] - [Le profil psychologique des abhyasis] - [Le Sahaj marg sur la voie de la psychiatrie spirituelle] - [Le Sahaj marg rend-il dépressif ?] - [Guérir de la dépression par le Sahaj marg ?] - [De la dépression, à la folie et au suicide] - [Mais qui est donc Ferdinand Wulliemier ?] - [Témoignages de la depression au suicide] – [Le suicide d’Eugenyi] - [Témoignages de Rajan et Sameer] - [Une dangereuse illuminée à l'origine de Whispers]
Mais qui est donc Ferdinand Wulliemier ?
Né en 1942, ce psychiatre suisse découvre le Sahaj Marg à l'âge de 40 ans, devient rapidement précepteur puis membre du Sahaj Marg Research and Training Institute (SMRTI) et crée la fondation suisse Sahaj Marg Spiritualité (SMSF). Parallèlement, il exerce durant 35 ans en tant que thérapeute et enseignant à la Faculté de Médecine, la Faculté des Sciences sociales et politiques et au Centre d’Etude de la Famille à Lausanne.
Eminent précepteur du Sahaj marg et membre précurseur du courant de la Psychiatrie spirituelle durant les années 90, Ferdinand Wulliemier introduit dans le champ psychiatrique les notions d'invertendo (évolution involutive), en ajoutant aux stades d'évolution psychologique de l'individu un dernier état dit transpersonnel ou spirituel. Il tente surtout d’expliquer par la psychologie l’enseignement du Sahaj marg. Explication ou justification ?
En savoir plus [Evolution involutive ou régression infantilisante ?]
Le 19 janvier 1997, Ferdinand Wulliemier et Jean-Marc Mantel donnent une conférence sur le thème de "L'impact de la méditation en médecine, psychologie et psychiatrie" dans le cadre du congrès sur la Médecine du troisième millénaire organisé par Stratégique à Paris. Il y résume les principales caractéristiques de ses patients et avoue les initier à la spiritualité.
En savoir plus [Le profil psychologique des abhyasis]
Dès 1995, il participe aux congrès de l'Association internationale de psychiatrie spirituelle. Après son intervention commune avec le fondateur de cette association en janvier 97, Wulliemier entraîne Chari et une centaine d’abhyasis à un séminaire conjointement organisé par le SMRTI et l'AIPS au mois de mai suivant en Israël. Wulliemier est le premier auteur de ce rapprochement. Il n'a pas perdu de temps…
En savoir plus [Le Sahaj marg sur la voie de la psychiatrie spirituelle]
Ferdinand Wulliemier a reconnu faire du prosélytisme auprès de ses patients. Mais certains médias francophones s'émeuvent de ce type de pratiques des mouvements sectaires. Wulliemier n'est pas le seul adepte du Sahaj marg en cause, loin de là, mais c'est le plus réputé dans son domaine. C'est sans doute la révélation de trop qui finira par déclencher un revirement de Chari. Dans "Whispers" du 10 avril 2001, Chari (ou Babuji ?) ordonne aux précepteurs psychothérapeutes de la mettre en veilleuse, et le SMRTI cesse ses activités dans les champs psychiatriques et psychothérapeutiques.
En savoir plus [Le Sahaj marg rend-il dépressif ?]
Le 14 mai 2009, Ferdinand Wulliemier fait une intervention intitulée "Dépression et Opportunités de la Crise" au 20ème Congrès du Groupe Romand d'Accueil et d'Action Psychiatrique à Lausanne. Pour ce psychiatre, la dépression constitue une opportunité de progression évolutive vers de nouvelles dimensions spirituelles. Le Sahaj marg aide-t-il à guérir de la dépression ou bien rend-il dépressif ? Apparemment, selon Wulliemier c’est un peu les deux…
En savoir plus [Guérir de la dépression par le Sahaj marg ?]
[Mais qui est donc Ferdinand Wulliemier ?] - [Evolution
involutive ou régression infantilisante ?] - [Le
profil psychologique des abhyasis] - [Le
Sahaj marg sur la voie de la psychiatrie spirituelle] - [Le
Sahaj marg rend-il dépressif ?] - [Guérir
de la dépression par le Sahaj marg ?]
Des orphelins en quête d’un père de substitution
Les groupies fans de la star
Des adeptes formatés par leur maître, un gourou fabriqué par ses disciples
Les innombrables courriers d'adeptes envoyés au maître montrent leur incroyable détresse affective, familiale et sociale. En ce sens, ils constituent un bon échantillon des dégâts collatéraux engendrés par le monde moderne. Plutôt que de chercher les solutions à leur mal-être dans les défauts de la société elle-même, en se battant pour la faire évoluer, ils se tournent vers une solution spirituelle intérieure promise par Rajagopalachari, s'excluant ainsi définitivement du monde extérieur.
Le Sahaj marg fixe le but ultime dans la fusion avec le divin, à condition d'obéir et servir le maître en tout et pour tout. C'est ce qu'ils appellent l'évolution involutive, l'invertendo, où le maître devient le père, la mère, etc. Uniquement centrés sur leurs malheurs, les adeptes se concentrent sur leur relation exclusive avec le maître.
Le chemin pour parvenir au but ultime devient alors plus important que la fusion avec le divin. Cela permet d'oublier les soucis et frustrations du quotidien de l'adulte pour retrouver la fraîcheur et l'insouciance de l'enfance, une régression vers les années d'innocence où l'adepte n'a plus qu'à adorer son papa. Les moyens ont remplacé la fin.
Les adeptes ont donc transformé le Sahaj marg en une solution égocentrique à leur mal-être, un équilibre fragile où Chari leur sert de béquille psychologique. Le Sahaj marg n'a plus rien à voir avec la spiritualité, il est devenu une simple technique de recherche d'un mieux-être intérieur, reposant sur l'abandon total à un maître qui ne demande que ça.
Explication psychologique : les abhyasis sont donc des orphelins du monde moderne et ils ont trouvé un père de substitution, une béquille psychologique, dans la personne de Chari. Une autre explication plus terre à terre, c’est que les abhyasis sont des groupies, fans d’une star nommée Chari. Alors certes le gourou dirige ses adeptes de manière autoritaire, pleinement responsable des dérives sectaires de la Mission, mais les abhyasis ont aussi leur part de responsabilité. A leur manière, les disciples façonnent leur maître à l’image qu’ils veulent avoir de lui. Chari n’est pas seul responsable du personnage imbu de pouvoir qu’il est devenu.
Les abhyasis ne sont plus dans une simple admiration de leur gourou. Leur adoration et leur idolâtrie atteignent de tels niveaux qu’on est obligé de parler de fanatisme. Et qui peut résister sans changer à de tels débordements ? Après tout, leur maître n’est qu’un homme…
La concurrence entre abhyasis est rude pour approcher le maître et gagner ses faveurs. Leur nombre étant aujourd’hui important, la seule issue pour être distingué et sortir de la masse est de surpasser les autres. La compétition fait donc partie de la vie d’un abhyasi moyen qui veut être remarqué…
A lire aussi [Analyse anthropologique]
Quand les malades prétendent soigner les autres
Des psychothérapies au développement personnel
Les adeptes de la SRCM sont souvent des personnes psychologiquement fragiles. Parfois, la méditation peut accroître leurs problèmes jusqu'à la folie ou au suicide, mais elle leur permet la plupart du temps de trouver un semblant d’équilibre en bâtissant une relation exclusive avec le maître.
La dépression des abhyasis est donc une opportunité pour la Mission de les fidéliser. En d'autres mots, on entre dépressif à la SRCM, la méditation peut renforcer cette dépression, mais si l'on suit l'enseignement à la lettre, on en guérit plus ou moins en trouvant un équilibre précaire dans l’adoration du maître.
Les adeptes ont donc transformé le Sahaj marg en une solution égocentrique à leur mal-être, un équilibre fragile où Chari leur sert de béquille psychologique. Et ils veulent en faire profiter les autres…
Trouver des personnalités psychologiquement fragilisées et faciles à recruter est une spécialité des précepteurs et abhyasis du Sahaj Marg. Qui donc n'a pas été approché lors d'un moment difficile : chômage, divorce, deuil ou dépression ? Et nos preux abhyasis du Sahaj marg à l’équilibre psychologique instable comptent bien les guérir.
Adeptes du New-age comme du Sahaj marg, ils s’engouffrent dans toutes les thérapies alternatives (gestalt, psycho-généalogie, kinésiologie, etc.), les techniques du bien-être et du développement personnel. Rares sont les abhyasis qui n’ont pas développé une spécialité quelconque de thérapie alternative…
Avec la même prétention bienveillante de soigner, nos précepteurs psychothérapeutes du Sahaj marg mélangent allègrement leur clientèle professionnelle avec leur activité de recrutement spirituel. L’exemple de Ferdinand Wulliemier, psychiatre et précepteur, est particulièrement représentatif de leurs pratiques où il n’existe plus aucune frontière entre spiritualité et gagne-pain.
Le métier de psychothérapeute étant peu réglementé, le public de plus en plus nombreux, certains abhyasis connaissent même un succès certain, à tel point que leur réussite financière leur fait oublier son aspect spiritualiste…
A lire aussi [Mais
qui est donc Ferdinand Wulliemier ?]
Evolution involutive ou régression infantilisante ?
Eminent précepteur du Sahaj marg et membre précurseur du courant de la Psychiatrie spirituelle durant les années 90, Ferdinand Wulliemier introduit dans le champ psychiatrique les notions d'invertendo (évolution involutive) et de région centrale si chères au Sahaj marg, en ajoutant aux stades d'évolution psychologique de l'individu un dernier état dit transpersonnel ou spirituel.
Au travers de ce "nouveau concept de la psychiatrie", il explique que la voie spirituelle est ce qu'il y a de meilleur pour l'humanité (extraits de "Notre évolution involutive ou l'invertendo de notre croissance" - IASP, Vol.3, 1995) :
«Lorsque nous avons atteint le stade de développement appelé existentiel ou "centaurique" (...), alors ce qui est appelé ici "évolution involutive" a déjà commencé à se manifester. (...) Il permet d'envisager dans de bonnes conditions une croissance à proprement parlé spirituelle (…). A première vue, l'observateur pourrait donc penser qu'il s'agit d'un être dépendant, naïf, incapable de dire non. S'il connaissait cette personne avant sa transition réussie vers un état transpersonnel, il pourrait en conclure qu'il y a eu régression à un mode de fonctionnement infantile. Nous savons qu'il n'en est rien puisqu'il s'agit d'une pseudo-régression, d'une évolution involutive du moi séparateur, permettant à cet être spiritualisé de se vivre non-séparé, de vivre la véritable fraternité (...).»
Selon Wulliemier, le comportement dépendant et naïf de l'aspirant spirituel n'est qu'une apparence trompeuse, de même que l'amoralité ou un comportement aberrant du Maître spirituel n'est rien d'autre que l'expression d'une sagesse qui nous échappe :
«Aux stades transpersonnels, l'observateur sera quelquefois choqué par certains comportements d'un Saint ou d'un Maître spirituel, qui peuvent paraître à nouveau amoraux, et donc correspondre à une régression psychologique. Or à ce stade, il s'agit en fait de transmoralité, qui bien entendu, repose sur une moralité impeccable : le Maître incarné peut être amené délibérément (et non pas pulsionnellement) à se mettre en colère, à faire quelque chose d'incongru, d'impoli, voire même de destructeur : comportements inattendus, apparemment aberrants, dont la nécessité ou la sagesse ne nous apparaissent souvent que (bien) plus tard.»
Toute la mécanique sectaire du Sahaj marg se trouve ainsi psychologiquement justifiée selon lui par la psychiatrie spirituelle et par l'existence d'un dernier stade évolutif dit transpersonnel, depuis la "régression à un mode de fonctionnement infantile" des abhyasis jusqu'aux pires agissements du Maître...
Plus loin, il déclare : «(…) au stade transpersonnel [on aboutit] à une pseudo-naïveté ou innocence due à une attitude d'abandon totale envers le Maître intérieur (…) La méthode Sahaj Marg consiste en une méditation sur le cœur (…) autrement dit sur la "rien-té" ou "nothingness" (…) Pour lier le tout, la souvenance continuelle (appelée "souvenir constant"), d'abord occasionnelle, puis fréquente, puis de plus en plus fréquente, du Maître intérieur, de la présence du Maître intérieur, jusqu'à ce que cette présence divine devienne permanente.»
Lors du Congrès sur la "Médecine du Troisième Millénaire", Ferdinand Wulliemier parle encore d'un état de "passivité active" pour décrire le comportement des adeptes du Sahaj marg, après avoir cité leur abandon total au maître spirituel :
« Un psychiatre américain, Jack Engler, un homme qui médite également, a dit quelque chose qui me semble approprié à propos de ce stade, considéré comme idéal pour un départ vers le champ de conscience spirituel : "you must be somebody before you become nobody" (…) C'est un état de "passivité active" .»
A lire aussi [Mais
qui est donc Ferdinand Wulliemier ?]
Le Sahaj marg sur la voie de la psychiatrie spirituelle
Les 8 et 9 mai 1997 à Tel Aviv (Israël), Rajagopalachari et une petite centaine de ses adeptes assistent à un séminaire de l'Association internationale de psychiatrie spirituelle (AIPS sur http://essence-euro.org/aips/) intitulé "Love and Religion - The transcending healing power of love".
Lors de la première matinée s'expriment à la tribune uniquement trois des adeptes du Sahaj marg. Le précepteur et psychiatre irlandais Ivor Browne commence, suivi du full précepteur français Patrick Fleury et du suisse Ferdinand Wulliemier. Le lendemain matin, c'est Chari lui-même qui clôt le séminaire tandis que l'animateur de l'AIPS, Jean-Marc Mantel, annonce que Rajagopalachari est prêt à accueillir un tel séminaire de professionnels dans son ashram de Delhi, peut-être même aussi à côté de Boston où la SRCM est développée.
A ce propos, JM Mantel déclare : "Sri Rajagopalachari offered the IASP the opportunity to set up such a meeting for professionnals in his ashram in Delhi. There will also be an opportunity to prepare something in the area of Boston, where their mission is strongly developed" et le SMRTI ajoute : "(…) a seminar has been conjointly organised by the SMRI and the IASP (International Association of Spiritual Psychiatry) in Israel in May 1997."
C'est Ferdinand Wulliemier qui a été l'artisan de ce rapprochement. Ce psychiatre suisse, qui a découvert le Sahaj marg en 1985 à l'âge de 40 ans, devient rapidement précepteur et crée la fondation suisse Sahaj Marg Spiritualité en 1994. Parallèlement, il exerce durant 35 ans en tant que thérapeute et enseignant à la Faculté de Médecine, la Faculté des Sciences sociales et politiques et au Centre d’Etude de la Famille à Lausanne.
Membre précurseur du courant de la Psychiatrie spirituelle durant les années 90, Ferdinand Wulliemier introduit dans le champ psychiatrique les notions d'invertendo (évolution involutive) et de région centrale si chères au Sahaj marg, en ajoutant aux stades d'évolution psychologique de l'individu un dernier état dit transpersonnel ou spirituel. Au travers de ce "nouveau concept de la psychiatrie", il explique que la voie spirituelle est ce qu'il y a de meilleur pour l'humanité.
L'Association Internationale de Psychiatrie Spirituelle (AIPS) a été créée par le Dr Jean-Marc Mantel en 1994. En 99, elle était hébergée par l'association Essence, du même fondateur (www.essence-euro.org/iasp). Depuis fin 2002, suite à la dissolution d'Essence, due à des attaques contre son fondateur, on en retrouve l'esprit sur le site personnel de Mantel (http://www.jmmantel.net/) et sur le magazine Soupir (http://www.soupir.org/).
Ferdinand Wulliemier est membre de l'AIPS et participe pour la première fois à son journal et ses congrès en 1995. Le 19 janvier 1997, il donne une conférence commune avec JM Mantel sur le thème de "L'impact de la méditation en médecine, psychologie et psychiatrie" dans le cadre du congrès sur la Médecine du troisième millénaire organisé par Stratégique à Paris. Tout naturellement, le séminaire israélien du mois de mai suivant est conjointement organisé par le SMRTI et l'AIPS. Wulliemier n'a pas perdu de temps…
A lire aussi [Mais qui est donc Ferdinand Wulliemier ?] - [Evolution involutive ou régression infantilisante]
Guérir de la dépression par le Sahaj marg ?
Ou quand la dépression devient une opportunité spirituelle
En 2008, Ajay Kumar Bhatter (ex dauphin démissionnaire de Chari) s'étonnait de la quantité de précepteurs dépressifs. La question pouvait se résumer ainsi : est-ce que la SRCM rend les gens dépressifs ? Différents témoignages viennent conforter ce point de vue, les inquiétudes de Chari aussi…
Mais si l’on en croit certains psychothérapeutes de la Mission, il semblerait que l'inverse soit vrai aussi. On peut passer de la dépression à la spiritualité, grâce à la méditation. En un mot, soigner la dépression par le Sahaj Marg et guérir par la méditation à la SRCM…
Qu'en est-il exactement ?
Un psychiatre suisse, éminent précepteur du Sahaj marg, a fait une intervention intitulée "Dépression et Opportunités de la Crise" au 20ème Congrès du GRAAP à Lausanne le 14 mai 2009. Pour ce psychiatre, la dépression constitue une opportunité de progression évolutive vers de nouvelles dimensions spirituelles (http://www.psychologie-therapies-spiritualite.ch/articles/articles_pdf/correct_articles/ART-GRAAP.pdf).
Ainsi, il explique aux participants de ce Congrès du Groupe Romand d'Accueil et d'Action Psychiatrique que l'issue de la crise générée par une dépression peut être de trois ordres : régression, stagnation ou progression. Il poursuit aussitôt en disant que cette crise constitue donc une opportunité pour franchir un palier vers un stade supérieur de l'évolution existentielle. Et il ajoute que c'est souvent après un conflit d'ordre moral qu'on entre en crise, un conflit entre valeurs anciennes et nouvelles.
Selon lui, l'approche néo-structuraliste bio-psycho-spirituelle s'est développée en Occident sous l'influence des traditions spirituelles orientales dans le courant des années 70. L'approche philosophique indienne met l'accent sur la notion de crise évolutive, avec la conviction qu'une crise est un cadeau de la Nature, une opportunité pour se rapprocher de la "Source Ultime", la fusion avec le Divin :
"Cette position dépressive, telle que je l’ai observée chez moi-même et chez la plupart des patients avec qui j’ai pu travailler efficacement, comporte un travail de deuil, autrement dit de désinvestissement d’un acquis de croyances, de conceptions, de buts ou d’objectifs existentiels, autrement dit une désidentification à une partie de soi-même, ou plutôt de l’image jusqu’ici préservée de sa propre identité. L’expérience montre en effet que ce n’est qu’en passant par ce travail de deuil préalable que le stade évolutif atteint jusque là pourra être suffisamment désinvesti pour être transcendé. Au cours d’un tel processus, le degré de conscience s’élargit suffisamment pour que la personne puisse entrevoir de nouveaux investissements, de nouveaux objectifs, un nouveau but existentiel. On observe ensuite que la personne s’unifie un peu plus et devient plus réaliste. Dans ces cas, la souffrance et la crise qui résultent de ce processus de deuil restent supportables et contenues, si bien que la personne en position dépressive ne présente pas de débordement symptomatique cliniquement repérable. Ses conflits intérieurs et extérieurs seront donc perlaborables et leur issue sera favorable, débouchant sur une progression évolutive."
Pour ce psychiatre, la dépression constitue donc une opportunité de progression évolutive vers de nouvelles dimensions spirituelles.
Texte extrait d'un article à retrouver intégralement sur :
Mais qui est donc cet intervenant, éminent précepteur du Sahaj marg, qui considère que la dépression constitue une opportunité spirituelle ?
En tant que psychiatre et cofondateur de la psychiatrie spirituelle, Ferdinand Wulliemier considère que la dépression constitue une opportunité spirituelle. Aujourd'hui retraité, il vend des séminaires de 2 à 8 jours sur ce thème, pour 380 à 800 CHF (240 à 500 €) sur son website (http://www.psychologie-therapies-spiritualite.ch).
Mais il n’en est pas à son coup d’essai, loin s’en faut. En 1997, il nous apprenait que près d'un quart de ses patients avaient suivi une psychothérapie avant de méditer, que près d'un tiers d'entre eux avaient une personnalité "peu structurée" (borderline) et que beaucoup étaient en crise du milieu de vie.
Alors, est-ce la dépression qui mène à la méditation, ou bien la méditation qui mène à la dépression ? Répondre à cette question, c'est un peu comme tenter de répondre à la question qui de l'œuf ou de la poule était là le premier. Dépression et méditation vont de pair, et visiblement la méditation ne permet pas de guérir de la dépression, puisque les abhyasis du Sahaj Marg sont souvent dépressifs et méditent dans le même temps.
Est-ce que la méditation accentue la dépression ? La question mérite d'être posée et examinée avec soin.
En clair, les adeptes recrutés par la Shri Ram Chandra Mission sont souvent des personnes psychologiquement fragiles, la méditation peut accroître leurs problèmes psychologiques jusqu'à la folie ou au suicide, mais c'est une opportunité pour mieux atteindre le but final du Sahaj marg, et donc guérir de la dépression. En d'autres mots, on y entre dépressif, la méditation accroît la dépression, mais si l'on suit l'enseignement à la lettre, on guérit de la dépression.
Les innombrables courriers d'adeptes envoyés au maître montrent leur incroyable détresse affective, familiale et sociale. En ce sens, ils constituent un bon échantillon des dégâts collatéraux engendrés par le monde moderne. Plutôt que de chercher les solutions à leur mal-être dans les défauts de la société elle-même, en se battant pour la faire évoluer, ils se tournent vers une solution spirituelle intérieure promise par Rajagopalachari, s'excluant ainsi définitivement du monde extérieur.
Le Sahaj marg rend-il dépressif ?
Un psychiatre, éminent précepteur du Sahaj marg, résume ainsi les principales caractéristiques des abhyasis : près de trois quarts de femmes, avec un maximum entre 35 et 50 ans, une surreprésentation de soignants, enseignants et artistes. Beaucoup sont en crise du milieu de vie, des personnalités peu structurées (borderline), ayant déjà suivi des psychothérapies.
A tel point que Rajagopalachari s'en inquiétait déjà en décembre 1992 : "(...) nos précepteurs doivent être très prudents quand ils admettent de nouveaux abhyasis, afin de veiller à ne pas avoir ici des gens qui ne peuvent être aidés. Je fais tout spécialement allusion aux personnes qui ont des problèmes mentaux, et qui ont subi une thérapie dans des hôpitaux ou cabinets psychiatriques. Les cas de ce genre sont de plus en plus fréquents (...)."
Rebelote le 10 avril 2001 dans un message de "Whispers" qui fait dire à. Babuji : « Be wary of the confusion that is being made between the workings of our spiritual method and all psychoanalytical practices that are currently springing up. It is not desirable to make connections between them. Criticisms currently made by the media against Sahaj Marg in France, allude to leaders who manipulate our candidates by involving them in both disciplines. It would be necessary to stop mixing it all up by considering abhyasis as potential clients and vice versa. Therapist preceptors are not serious enough on this point, hence numerous problems are already caused by this lack of vigilance.»
En 2008, Ajay Kumar Bhatter (ex dauphin démissionnaire de Chari) le constate lui aussi, s'étonnant ainsi : "De nombreux précepteurs européens ont des problèmes de dépression, pourquoi ?". Les choses ne se sont donc pas arrangées. Et pourtant, le manuel de formation des précepteurs dit que "(…) la transmission peut aggraver les problèmes mentaux de telles personnes et même dans certains cas entraîner des tendances suicidaires". Des adeptes indiens confirment que la méditation selon le Sahaj marg a provoqué chez eux des hallucinations, des troubles maniaco-dépressifs ou même la folie.
Dans le manuel de formation des précepteurs, les circonstances dans lesquelles il est interdit d'introduire quelqu'un au Sahaj marg sont précisées. Ainsi les personnes suivantes ne devraient pas être admises à pratiquer (le conditionnel n'est pas de moi, mais de la SRCM) :
- les lépreux,
- les alcooliques et les drogués,
- les gens qui ont mauvais caractère (sic) et ne veulent pas changer,
- les gens mentalement dérangés
Bien qu'intéressantes, laissons de côté les 3 premières catégories, pour nous focaliser sur la dernière (comme le fait aussi la SRCM). Je cite "(…) la transmission peut aggraver les problèmes mentaux de telles personnes et même dans certains cas entraîner des tendances suicidaires. En particulier, une personne qui a reçu des électrochocs ne doit jamais être introduite dans la Mission. Le Maître a déclaré que de tels traitements altèrent le cerveau de manière irréversible. Pas de problème en ce qui concerne les cas de dépression bénignes. Il faut éviter de transmettre à une personne qui est déjà abhyasi et souffre de dépression mentale (…)."
Combien de précepteurs demandent aux personnes qu'ils approchent pour les recruter si elles ont subi des électrochocs ou quelle est leur santé mentale ? Combien interrogent les abhyasis sur leur état psychique avant de débuter un sitting individuel ou un satsangh ?
A ma connaissance, les précepteurs ne sont pas formés par la SRCM pour repérer les dépressifs. Dans le manuel du précepteur, il est précisé que si le précepteur hésite, il suffit d'envoyer la photo du candidat à Chari pour avis…
Chari demande à ses troupes de ne pas introduire de dépressifs au sein de la Mission, mais il a lui-même choisi des précepteurs dépressifs. Bref, soit Chari est lui aussi incapable de les détecter, soit il les recherche et fait semblant de s'en étonner.
Dans les faits, les précepteurs s'acharnent plus souvent sur les personnes psychologiquement fragiles pour les introduire. C'est plus facile et les résultats sont meilleurs. Quant aux précepteurs qui font profession de psychothérapeute, ils font le contraire de ce qui est indiqué dans le manuel, puisqu'ils introduisent une partie de leur clientèle.
Le profil psychologique des abhyasis
Un psychiatre, éminent précepteur du Sahaj marg, résume ainsi les principales caractéristiques des abhyasis : près de trois quarts de femmes, avec un maximum entre 35 et 50 ans, une surreprésentation de soignants, enseignants et artistes. Beaucoup sont en crise du milieu de vie, des personnalités peu structurées (borderline), ayant déjà suivi des psychothérapies.
"Mon nom est Ferdinand Wulliemier, je suis établi comme psychiatre dans une pratique privée à Lausanne, j'enseigne à la faculté de médecine de Lausanne et également au Centre d'études de la famille, qui dépend du département de psychiatrie adulte. J'organise des séminaires et participe à cette conférence en tant que membre de l'AIPS [Association Internationale de Psychiatrie Spirituelle]. Je pratique la méditation depuis environ 12 ans et j'essaie d'intégrer ma pratique spirituelle dans ma vie quotidienne, entre autres professionnelle."
Lors de cette conférence, il rapporte les résultats d'une étude qu'il a réalisée : "elle porte sur une population de 54 personnes, pendant une période de 8 ans, entre 1988 et 1996. Ces 54 personnes étaient des patients que j'ai suivi personnellement en tant que psychothérapeute et qui soit se sont mis à méditer ou méditaient déjà selon le système du Sahaj Marg yoga (...) on ne constate ni problème psychologique ni somatique notoire lorsque les personnes font une psychothérapie avant de se mettre à méditer."
"(...) Qui sont les gens qui sont impliqués dans une pratique spirituelle d'un point de vue sociologique ? Presque les trois quarts sont des femmes. Ils ont entre 18 et 80 ans, rarement plus, avec un maximum entre 35 et 50 ans. Cela permet de faire un lien avec la "crise du milieu de la vie" dont parlait CG Jung, qu'il situait autour de 35 ans. Quels sont leurs milieux socioculturels et professionnels ? A peu près tous semblent représentés, mais on y trouve une sur-représentation des soignants, des enseignants également mais dans une moindre mesure, et peut-être des artistes."
"Quel est leur niveau évolutif, c'est-à-dire à quel niveau de fonctionnement psychologique peut-on les rattacher lorsqu'ils commencent à méditer ? Disons tout d'abord que selon cette estimation, presque un quart ont fait une psychothérapie avant de commencer une pratique spirituelle. Une bonne minorité d'entre eux, environ 30%, sont des personnes dites "peu structurées" : si je prends la classification psychiatrique usuelle on y inclura des personnalités borderline, borderline-névrotiques et borderline pré-psychotiques (...)".
Conférence de Ferdinand Wulliemier du 19 janvier 1997 à Paris au Colloque sur la Médecine du troisième millénaire organisé par Stratégique.
Les innombrables courriers d'adeptes envoyés au maître confirment le constat de ce psychiatre. Ils montrent leur incroyable détresse affective, familiale et sociale. En ce sens, ils constituent un bon échantillon des dégâts collatéraux engendrés par le monde moderne. Plutôt que de chercher les solutions à leur mal-être dans les défauts de la société elle-même, en se battant pour la faire évoluer, ils se tournent vers une solution spirituelle intérieure promise par Rajagopalachari, s'excluant ainsi définitivement du monde extérieur.
A lire aussi [Mais qui est donc Ferdinand Wulliemier ?]
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