Affichage des articles dont le libellé est France. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est France. Afficher tous les articles

La SRCM en France



En bref
1 200 abhyasis en 2013 (estimation)
9% des effectifs hors Inde (27% de l’Europe de l’ouest)
0% de croissance annuelle (stabilité depuis 2000)
Pénétration : près de 20 abhyasis par million d'habitants (15 dans le monde)
Précepteurs : 110 en 1995, 97 en 2007 – Estimation 2013 : 110-120
Ashrams : Château d’Augerans, siège européen de la Mission, de 1988 à 2003
Autres principaux ashrams : Paris, Montpellier & Nice
43 centres et 6 zones en 2006-09 : 8 grands centres (dont 3 avec un ashram) et 35 petits centres, dont 8 sans précepteurs...
1 association loi 1901 SRCM créée le 9 août 1986 à Dôle (Jura), rapatriée depuis à Paris
- Chiffre d’affaires > 300 000 €, variable selon les années
- Patrimoine > 2 millions d’euros
- Montant de la cotisation de base : 150 € depuis 2009, 75 € auparavant
836 000 € de donations françaises aux SRCM et SMSF indiennes sur 7 ans (période 2006-12, d’après le FCRA (Ministère indien des affaires intérieures)

Créé en 1972, Nice est le premier centre occidental de la SRCM avec le célèbre full précepteur André Poray. Et longtemps, la France a été le premier pays après l'Inde pour l'importance de sa communauté d'abhyasis. Les effectifs ont flirté avec la barre des 2 000 à la fin des années 90, pour s'effondrer ensuite autour du millier. Non pas à cause de la politique française sur les sectes mais en raison d'importantes dissensions internes.
Chari n’a pas que des amis en France. Une part importante des abhyasis de Babuji a refusé de suivre Chari à sa mort, André Poray en tête. Plusieurs communautés frondeuses et autonomes existent encore aujourd’hui, notamment autour de Vendôme et Lyon.
En 1986 était créée l'association SRCM France. En 1988, le château d'Augerans (39) était acheté pour devenir le siège européen de la Shri Ram Chandra Mission et le premier ashram occidental. Il a été revendu en 2003, sous la pression de Chari.
La répartition géographique des abhyasis est très inégale. Ils se concentrent principalement en région parisienne et dans le sud, autour de Montpellier et Marseille-Nice-Toulon. Déjà en 1995, l'Ile de France et la zone sud réunissaient trois quarts des abhyasis, deux tiers des précepteurs et la moitié des centres.
Le Management committee se confond avec le conseil d'administration de cette association loi 1901. Il est composé du président Chari, d'un vice-président (Country-in-charge), un secrétaire, un trésorier, un auditeur interne et une personne chargée des relations extérieures ainsi que de quelques membres, dont une grande partie sont étrangers. Il existe aussi différents secteurs d'activités : finances, information interne, séminaires, aspects juridiques, éditions-publications et centres.
Sur le plan de l'organisation spirituelle depuis 2012, la France et son vice-président 5CIC) sont sous la responsabilité d’un Regional coordinator "West Europe" (RC), lui-même sous un Region-in-charge "Europe" (RIC). Ensuite, la France est elle-même découpée en 2 zones, nord et sud avec leur Zone-in_charge (ZIC). Ces découpages "administratifs" changent régulièrement, au gré des humeurs de Chari et des faveurs/punitions qu’il veut accorder aux uns et aux autres (ainsi, il y avait 6 zones en France dans la période 2006-09). Il y a quelques années, sont venues se greffer sur cette hiérarchie des "développeures", en charge du développement des petits centres de la zone à laquelle elles sont rattachées.
En 2009, Chari a décidé unilatéralement du doublement de la cotisation de 75 à 150 €. Auparavant, 3 quarts des abhyasis étaient cotisants : la moitié des cotisants payaient 75 €, 48% versaient plus, 2% moins. Sur les 75 € de base, 60 € partaient au niveau national, 15 € seulement restaient au centre local…

A lire aussi :


Augerans ou comment la SRCM s'implante dans une commune


En septembre 1988, la Mission achète le château d'Augerans, à 10 km de Dôle, au groupe Peugeot pour près de deux millions de francs. Cette propriété de 10 ha dont une partie de bois et un étang, plus de 3400 m² habitables sur 6 étages, est inaugurée en grande pompe le 9 octobre de la même année.

"L'Ashram du Val d'Amour, c'est le futur nom du château d'Augerans, que M. Lorrain Poirson, un ingénieur habitant dans l'Hérault, rend aujourd'hui à la vie (…)" lit-on dans les Dépêches du Jura du 25/09/88. L'ingénieur y souligne au passage la "bienveillance des administrations qui nous ont facilité au maximum les démarches habituelles pour ce genre de création…"

Plus loin, on peut encore lire : "Des demandes de permis de construire ont également été déposées en mairie pour une extension, concernant des bâtiments annexes. "Ce n'est de toute façon pas pour demain, précise M. Poirson, car l'achat du château payé entièrement par des dons de nos adhérents a largement grevé nos finances, et que par ailleurs, il semble qu'il faille compter avec le plan d'occupation des sols de la commune".

Des propos qui se veulent rassurants pour cette petite commune de moins de 150 habitants, qui ne sait pas encore ce qu'est réellement la Mission. Mais très vite la secte change d'attitude. Chari veut qu'Augerans devienne le véritable siège européen de la Mission. Et après avoir songé un moment racheter le château voisin de Mont-sous-Vaudrey, elle préfère contester le plan d'occupation des sols de la commune dès juin 90.

En effet, le POS ne prévoit qu'une extension limitée du bâti à 500 m², le reste du domaine étant en zone protégée. Mais Mireille Humbert, secrétaire adjointe de la Mission, déclare que le Centre européen de yoga - nouvelle appellation du lieu - doit être "une manne pour le village qui ne compte plus que 5 ou 6 enfants" (L'Estocade - Nov. 90).

Ainsi, de nombreuses actions enveniment les relations de la secte avec la municipalité de l'époque. Elle construit sans autorisation un bloc hygiène collectif et un parking de 150 places, refuse de payer la taxe de séjour et sa participation au syndicat des eaux. Enfin, en 1993, elle monte une salle de méditation à l'orée du bois, s'interdisant ainsi toute autre extension au regard du POS.

Arrivent 1994 et la perspective des élections municipales de 95. La secte en profite, nous révèle Jura Magazine (mai 96) : "Gérard Pélissier a été maire pendant six ans (…) Durant son mandat, il a souhaité limiter l'extension de la secte en appliquant le Plan d'Occupation des Sols qui règlemente les capacités d'accueil du château. En représailles, le SRC a fermé le compte qu'elle avait dans la banque où travaille l'ancien maire, en expliquant au directeur que la faute en incombait à l'employé".

A la veille des élections, plusieurs disciples s'installent au château et se font inscrire sur les listes électorales. Ils n'y resteront pas très longtemps, mais juste le temps nécessaire : " (…) le poids des 15 électeurs de la secte a été déterminant sur le scrutin qui se jouait dans un mouchoir de poche" poursuit Jura Magazine. "Quoiqu'il en soit, il est certain que depuis les dernières élections, les soucis de la secte se sont évaporés".

Le nouveau maire, M. Alain Déjeux, n'aime pas trop que la presse vienne l'interroger sur la Mission. "Je n'emploierai pas le mot "secte" au niveau de cette association" lâche-t-il quand même. Il supprime l'arrêté interdisant le camping sur le domaine et demande la suppression des visites de sécurité à l'occasion des séminaires. Et bientôt un nouveau chapiteau de plus de 600 m² est accolé au château…

C'est le bon temps pour la Mission. Elle organise de multiples séminaires, accueillant jusqu'à plus de 1500 personnes. "La création de l'association Créajoie en 1995 atteste de la volonté prosélyte de la secte" lit-on toujours dans Jura magazine. "Bien que son président Xavier DEWEZ affirme que Créajoie n'a rien à voir avec le SCR, les renseignements généraux eux confirment que plusieurs membres de l'association appartiennent à la secte. Cette "filiale", dont un des buts est de "favoriser l'épanouissement de l'individu…", a proposé ses services aux communes du Val d'Amour pour entre autres faire du soutien scolaire."

Prosélyte, la secte se fait donc tranquillement de nouveaux adeptes dans la région, si possible à des postes privilégiés : cela peut toujours servir! Et justement, on apprend en juin 2000 que la femme d'Albert Picquet (secrétaire de la section doloise du PS et tête de liste socialiste pour les municipales) est membre de la Mission. Scandale qui le pousse à retirer sa candidature à la demande de la fédération départementale du parti.

Mécontent de l'accueil qu'on lui réserve en France, Chari envisage une nouvelle fois de déménager le siège européen de la Mission (ce n'est que la troisième fois !). Et c'est le maire du village lui-même qui annonce la nouvelle de la mise en vente du château en séance du conseil municipal du 4 janvier 2001 et par des affichettes posées sur les panneaux municipaux.

En 2003, le château était l'objet d'une promesse de vente entre la SRCM et la société SAS S'Space Ingénierie basée à Mulhouse. Cette dernière créerait 21 appartements dans le château. Restent les abords : la commune se porterait acquéreur de l'étang et demanderait à la communauté de communes du Val d'Amour de racheter le hall de méditation…


En juillet, le château d'Augerans était définitivement abandonné par la Mission !

Règlement intérieur français

Extraits des statuts de la SRCM France à sa création en 1986 et de son règlement intérieur (13 juillet 1986) :

Article 17 : "le président qui est le véritable maître de l'Association exercera ses pouvoirs par le truchement du règlement intérieur, qu'il peut modifier à son gré, notamment pour tout ce qui a trait à l'orientation spirituelle et philosophique de l'Association."


Extraits du règlement intérieur en date du 13 juillet 1986 :

Article 2 - Organisation : "L'association sera dirigée et contrôlée par le seul fondateur ou son Représentant Spirituel qui lui succèdera en ligne directe, et il sera Président de l'Association".

Article 3 - Constitution et Fonctionnement : "Le président sélectionnera un Comité de travail parmi les Membres de l'Association pour l'assister dans tous les domaines touchant au contrôle et à l'organisation de l'Association. Le Président désignera, parmi les membres du Comité de travail, des personnes qui occuperont les postes suivants : un Vice-Président (…). A discrétion, ou selon les besoins de la situation, le président peut également désigner toute(s) autre(s) personne(s) aux postes ci-dessus, qu'elle(s) soi(ent) membre(s) ou non du Comité de Travail de l'Association (…). A discrétion, le Président peut à tout moment procéder aux nécessaires changements de structure du Comité et des devoirs des titulaires de postes et des Membres du Comité (…)."

Article 9 - Pouvoir de VETO - Comment l'exercer : " (…) le Président a le pouvoir de VETO. Si un certain point a été décidé et a été accepté lors d'une réunion du Comité de travail et que le Président n'est pas d'accord avec la décision, estimant qu'une telle décision peut mettre en danger ou d'une certaine façon peut nuire aux buts énoncés de l'Association, il opposera son VETO à une telle décision en déclarant son désaccord, avec ou sans raison de ce désaccord. Il écrira VETO de sa propre écriture dans le livre des délibérations. Ce cas échéant devra être soumis et signalé à la prochaine Assemblée Générale."

Liens :
SRCM France (en chantier)
- Associations, fondations et sociétés
- Guide pour créer une organisation